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Ebola Village, le Resident Evil bon marché [Test]

Ebola Village
Temps de lecture : 9 minutes

Ebola Village est un jeu type Survival horror à la première personne qui veut rendre hommage aux classiques des années 90’s, Resident Evil en tête. Après Tormented Souls 2 que j’ai apprécié, je n’avais pas prévu de tester ce jeu qui est sorti sur PC l’an dernier… Je n’avais d’autant pas prévu de tester le jeu que celui-ci n’avait pas forcément eu de retours positifs, souvent qualifié de Resident Evil du pauvre… Finalement et comme l’indique le titre, je suis arrivé à la même conclusion et pourtant malgré tous les défauts que peut proposer le jeu, j’ai aimé l’expérience proposée. Je vous donne plus de détails dans mon avis !

Conditions de test : J’ai effectué le test sur Xbox avec une version fournie par l’éditeur que je remercie ! J’ai joué à Ebola Village environ 6 heures ce qui est largement suffisant pour terminer le jeu et fouiner une nouvelle fois histoire de trouver les poupées cachées.

Série B sans fil rouge ou presque…

Les plus vieux le savent, à la base l’histoire de Resident Evil tire vers le bon nanard de série B assumé et Ebola Village, en voulant rendre un hommage ne peut pas faire autrement. On va donc nous pondre une histoire totalement ubuesque mais surtout mal déroulée… Rien ne tient et ce dès le départ. On retrouve Maria, affalée dans son canapé en petite culotte en train de mater la tv. Son emission est interrompue par un flash spécial qui annonce qu’un virus se propage dans un village situé dans la campagne russe (oui le jeu se passe en Russie). Le virus aurait tendance à donner de la fièvre au gens pour ensuite leur procurer des crises de démence… Maria décide de se rendre au village pour prendre des nouvelles de sa mère et de son ex mari Ruslan. Bien évidemment, elle tombe en panne d’essence pile lorsqu’elle arrive au village. Bien évidemment elle rencontre un premier villageois qui est un zombie essayant de la bouffer. Et BIEN EVIDEMMENT et alors qu’elle n’est ni flic ni militaire, elle décide de poursuivre son enquête…

Très rapidement Maria retrouve sa mère qui lui dit avoir de la fièvre depuis que le voisin l’a mordu… On est d’accord pour dire que c’est la fin de route pour la madre mais non ! Maria décide d’aller chercher des antalgiques pour la soigner et la sortir du village… C’est du grand n’importe quoi ! Et si seulement ce n’était que ça… Au cours de notre route, on va croiser des PNJ totalement loufoques et qui continuent leur vie au milieu des zombies comme si de rien n’était, mais il faut le comprendre au sens littéral du terme ! La mère est entourée de zombie mais elle ne panique pas. Un alcoolo qui se réchauffe près d’un feu improvisé, nous voit gambader autour poursuivi par des loups garous mais normal il ne bouge pas… La mise en scène de ces personnages est assez mal fichue que ce soit lors des dialogues ou de manière passive dans le décor. Rien ne va dans leur animation et cela est même ridicule !

Elle n’est pas encore transformée malgré les apparences…
Sérieusement…

Ebola Village tente d’inclure un max de chose mais il le fait mal. Les développeurs empilent les couches sans se soucier si elles vont les unes avec les autres. Par exemple, à certains moments apparaissent des fantômes dont le design tire vers des poupées ensorcelées ou en tout cas malaisantes. Pourquoi ? Pour rien ! En tout cas, rien n’est expliqué et cela ne sert en rien le scénario ! De base, Ebola Village c’est un virus qui apparaît dans un village et qui transforme les gens en zombie, inutile d’ajouter des apparitions surnaturelles qui ne sont pas expliquées et qui n’apportent rien au scénario ! D’ailleurs, au bout de 2 heures de jeu, j’avais totalement oublié l’objectif principal qui était de trouver des médoc pour ma daronne (oui je parle jeune parce que je suis vieux…). Véridique en trouvant les antalgiques, il m’a fallu 2 minutes pour comprendre à quoi cela me servirait.

cette religieuse ne sert à rien…

Un gameplay à l’ancienne avec suppléments défauts inédits !

Ebola Village reprend les codes des survival horror des années 90’s avec une vue à la première personne. Au menu, on trouve donc un inventaire limité, de (très) rares salles de sauvegarde contenant coffre de rangement pour stocker et magnétophone (la machine à écrire était déjà prise) pour sauvegarder, des plantes pour se soigner, des énigmes bidons (quoique…), des documents à ramasser, du backtracking (même trop…). L’ensemble fonctionne bien, c’est classique mais ça fonctionne bien. Le souci c’est que les développeurs ont eu un problème avec le découpage de leur jeu et le cheminement qu’ils ont voulu donner. Par exemple, le nombre de salle de sauvegarde : 2 seulement ! Je vous laisse imaginer les allers-retours innombrables qu’il faut faire parce qu’on n’a pas le bon objet ou un inventaire plein (et il se remplit vite !). Ensuite on rencontre très vite notre premier zombie et puis on va croiser les mêmes zombies durant les 3/4 du jeu sans évolution majeure si ce n’est un seul qui se ramène avec une tronçonneuse… Le dernier quart du jeu débarque des loups garous (qui sont le pendant des hunters), une vache zombifiée et qui fait très mal, bref une succession de boss et de nouveaux ennemis que j’aurai voulu voir plus tôt !

du tir
des enigmes
et un inventaire vieillot

Autre problème, le backtracking ! Ok c’est une dimension du jeu mais pas besoin de le rendre artificiel ! Je m’explique… Vous croisez un bidon d’essence plein, le jeu l’écrit en vert cela signifie que c’est un objet qui va être utile sauf que l’on a pas ramasser le document ou on n’a pas déclenché le trigger qui se trouve plus loin et ailleurs et donc on ne peut ramasser l’objet ! Il faut revenir plus tard et encore se souvenir d’où se trouve l’objet ! Je ne donne pas l’exemple du bidon d’essence par hasard… On peut se sentir bloqué alors qu’on a fouillé toutes les zones tout simplement parce qu’on a oublié qu’il y avait un objet que l’on ne pouvait pas ramasser avant mais maintenant si… C’est complètement con ! La carte a également une utilité très relative ! Déjà on n’a accès à la carte que de la zone dans laquelle on se trouve… Il faut donc se souvenir des précédentes zones ou y retourner… Ensuite, la carte ne propose aucune information ! On a juste les salles de dessinées sans aucune indication ni même un nom ! Même les salles de sauvegarde ne sont pas indiquées ! Conclusion, la carte ne sert à rien si ce n’est s’essuyer les fesses !

Je continue dans les problèmes et je passe à la maniabilité ! Maria a des problèmes pour courir… On appuie sur le stick on maintient et parfois elle court longtemps parfois sur 2 mètres et s’arrête et parfois pas du tout… ça dépend du jeu ! ca ajoute du suspens et un peu de difficulté à Ebola Village. Je plaisante mais j’ai quand même pester à certains moments (notamment la vache zombie !) même si c’est gérable. Ce n’est pas tout ! Le système de visée est bizarre puisque c’est la première fois que la visée est plus précise au jugé qu’en visant… C’est simple, même en changeant la sensibilité elle reste rigide et si on veut éviter de gâcher des balles, le jugé est le mieux…

Je peste, je peste mais j’ai quand même apprécié Ebola Village puisque je suis allé au bout ! J’ai quand même soufflé fort par moment mais je me suis accroché et le jeu se fait plutôt bien. Environ 3h30 / 4h pour un premier run. On peut faire plus court mais on reste tenu par les trigers obligatoires qui nous empêchent de ramasser les objets sur un premier passage. J’ai bien aimé l’aventure qui propose un cheminement classique avec l’acquisition des armes (pistolet puis pompe) mais également des clés (clé pique puis carreau puis cœur). Je pense que toutes ces références ont fait que je me suis accroché au jeu qui est bourré de défauts qui le rendent parfois ridicule.

Une réalisation à la peine

Ebola Village fait de la peine à voir et peine à entendre… Visuellement parlant, le jeu est à la traine, manque d’idée et a une technique très fébrile ! Je ne compte pas les ralentissements au passage entre deux zones, les textures qui mettent 5 secondes à s’afficher, les problèmes d’affichages qui gèlent une moitié de l’écran… C’est surprenant, gênant mais pas rédhibitoire non plus sauf le moment où on active une cinématique sauf que durant la cinématique un zombie se balade dans la maison et nous tue pendant la cinématique et lorsque celle-ci prend fin on a droit à l’écran de mort… Véridique, c’est aussi ça Ebola Village ! Comme je l’ai dit, les PNJ sont mal modélisés et il en est de même pour les ennemis qui ont des réactions parfois bizarre avec des portes qui disparaissent ou des coups de fusils qui les propulsent 10 mètres plus loin… Je ne sais pas si c’est fait exprès mais pour le coup ça colle bien à l’aspect nanard.

Je n’ai rien touché…
Là aussi, il manque juste la moitié de l’écran

Au delà, de la technique, les développeurs étaient en panne d’idée… On doit visiter 5 maisons en tout et elles sont toutes fichues pareil avec la même cuisine, les mêmes toilettes, la même salle de bain. On passe d’un manoir à une maison de banlieue et on retrouve les mêmes éléments de décor… Ce n’est pas cohérent et puis c’est insuffisant de nos jours… L’aspect son n’est pas en reste avec une musique qui parfois repart à zéro à chaque passage de porte ce qui permet d’apprendre par cœur les trois premières notes… Des sons mal situés dans l’espace qui induisent en erreur… Que dire des poupées cachées dans les décors qui émettent des sorte de rires qui prennent le pas sur n’importe quel bruit y compris ceux des zombies… J’ai l’impression que les développeurs n’ont pas testé certains aspects du gameplay et je l’ai un peu mauvaise quand on sait que le jeu est déjà sorti sur PC depuis un an et que pas mal de joueurs se sont plaints de ces aspects…

Ebola Village




Date de sortie : 23 janvier 2026

Editeur : Axyos Games

Développeur : Indie Games Studio

Catégorie :
Action / Survival horror

Prix :
17,99 €

Plateformes : PS5 / Xbox / Nintendo Switch
Graphismes
58%
Son
51%
Gameplay
58%
Durée de vie
64%
Kiff personnel
67%

Plein de défauts mais j’ai accroché…

Assurément Ebola Village n’est pas à mettre entre toutes les mains ! Le jeu est véritablement une version de Resident Evil mais soldé… Il y a plein de défauts que l’original ne présente pas et pourtant si vous êtes fan de la licence, il y a vraiment moyen de persister et de le faire jusqu’au bout ! Au moins vous rigolerez et la difficulté n’est pas très élevée. Pour les autres, entre les problèmes techniques, le gameplay laborieux, une maniabilité rigide, cela peut faire beaucoup et en tout cas trop pour 20 balles ! C’est vraiment bizarre car personnellement j’ai bien aimé mais j’ai du mal à vous le conseiller…

59.6%
Pour
  • Un Resident Evil version wish
  • L'aspect nostalgie
Contre
  • Un gameplay obligeant à des allers-retours inutiles
  • La maniabilité capricieuse pour ne pas dire autre chose
  • L'aspect son
  • Totalement décousu
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