La Resident Evil souffles ses 30 bougies et après un opus Requiem superbement réussi, il faut dire qu’il m’a donné envie de faire et refaire les anciens jeux. Capcom sentant bien le coup, les promotions tombent sur toutes les plateformes en proposant les anciens opus à moins de 5 euros pièce c’est l’occasion rêvée de sa lancer dans les vieux jeux qui sentent bon la Madeleine de Proust. Bon j’avoue avoir d’abord refait les remakes des Resident Evil 2, 3 et 4. Puis en faisant le 3 et le 4 qui sont vraiment tournés action j’ai repensé au 5 que j’avais poncé à l’époque sur Xbox 360 (la belle époque…). Quand je dis poncé c’est poncé avec toutes armes au max, fini en toute difficulté et tous les trophées. Oui je suis de la licence et j’avais su apprécier cet opus. Comme je le dis, il faut être cohérent, on ne peut pas dire que le 4 est exceptionnel tout en crachant sur le 5 ! Le 4 a amorcé un énorme virage et Resident Evil 5 ne fait que suivre la ligne droite qui se trouve après. Alors je me suis relancé dans cet opus et j’ai voulu vous proposer un rétro test comme je commence à le faire de plus en plus souvent. C’est parti pour un voyage exotique dans le pays des zombies !
Conditions de test : J’ai effectué le test sur PS5 avec une version achetée par moi-même (merci la promo pour les 30 ans de la licence ! J’ai joué à Resident Evil 5 une quinzaine d’heures ce qui est suffisamment pour terminer le jeu et s’amuser avec les bonus.
Wesker, l’Afrique et les zombies sauce Hollywood
Resident Evil 5 avait fait scandale à cause du nouveau lieu dans lequel se situe l’action du jeu à savoir l’Afrique ! Vous vous rendez compte ; on va incarner un homme blanc et une métisse qui vont tuer à tour de bras des hommes noirs c’est scandaleux. Personnellement j’ai toujours eu du mal avec ces polémiques… Un jeu est un jeu, quand Léon tue à tour de bras des espagnols, cela ne pose pas de problème, quand Claire tue des blancs tout autour du globe cela ne pose pas de problème et quand dans Call of Duty on tue du russe ou de l’arabe là aussi ça ne pose pas de problème. Désolé pour les termes mais j’écris sans aucune arrière pensée raciste ! Je trouve normal de trouver des hommes noirs en Afrique ! Le sujet n’est pas de tuer des noirs façon Ku Klu Klan, le sujet est que l’on incarne deux agents spéciaux du BSAA qui sont envoyés dans la région de Kijuju, pour intercepter un trafic d’armes biologiques !
En arrivant nos deux héros découvrent que la population locale est infectée et que les habitants sont devenus des Majini c’est à dire des humains contrôlés par un parasite. Vous voyez bien les similitudes avec Resident Evil 4 et Léon qui débarque en Espagne pour découvrir que les habitants sont infectés par le Plagas non ? Donc stop les accusations de racisme ! Je trouve dommage que cet opus soit si conspué alors qu’il apporte beaucoup au Lore de la licence ! Resident Evil 5 met en avant l’antagoniste principal de la licence, le plus charismatique et le plus puissant : je veux bien sûr parler d’Albert Wesker ! Ceux qui se tripotent devant Lady Dimistrescu peuvent aller s’essuyer avec leur chaussette ! Wesker c’est celui qui trahit son équipe dans Resident Evil premier du nom pour tester ses armes biologiques, c’est celui que l’on croit mort mais qui revient surhumain car le seul à contenir le virus qu’il s’injecte, c’est celui qui se bat contre Chris dans Code Veronica dans un duel qui reste dans les mémoires ! C’est un scientifique de génie issu d’un programme eugéniste. En fait c’est le mélange parfait entre puissance et intelligence sans oublier un charisme à faire pallir les plus grands héros du jeux vidéo (désolé mais le coup des lunettes noires c’est exceptionnel en 1996). C’est le méchant que l’on déteste et que l’on admire ! En clair plus badasse tu meurs !
Ce qui fait de Wesker un méchant exceptionnel c’est qu’il croit en ses idées et il est convaincu qu’il va sauver l’humanité via ses recherches ! Resident Evil 5 met Wesker en avant et conclut son arc de manière assez brillante et avec un florilège d’action et d’explosion. Attention spoil mais pour s’en défaire les roquettes ne suffisent pas à l’inverse de tous les autres boss finaux des autres Resident Evil : obligé de le plonger au cœur d’un volcan en fusion ! Resident Evil 5 seul et avec ses DLC apportent beaucoup de réponses notamment sur les origines des virus qui se trouvent être en Afrique avec le virus Progenitor ! Les DLC, eux, permettent d’apprendre les origines de Wesker et le fait qu’il ait été choisi dans le cadre d’un programme génétique. Ils remettent également en avant Jill Valentine que l’on a perdu de vue depuis Resident Evil 3 Nemesis ! On découvre alors qu’elle est au service des méchants contrôlée par un Wesker impitoyable mais qui a quand même gardé les souvenirs de son équipier. Enfin on comprend les liens entre la famille Spencer et Umbrella. En clair, si vous souhaitez appréhender l’histoire de la licence, Resident Evil 5 est un incontournable !
Pour mettre fin à un arc aussi remarquable qui oppose le héros principal de la licence au méchant le plus emblématique, oui Chris en impose bien plus que Léon à l’époque, Cpacom a mis les petits plats dans les grands. Petite parenthèse pour les fragiles de Léon, mais ce personnage au départ a le charisme d’un huitre premier jour à Raccoon, il peine à crever l’écran dans l’opus original contrairement à Chris ! Puis on ne compare pas un rookie à un vétéran des STARS ! Bref j’en reviens à mon Resident Evil 5. Le studio japonais a fait le choix de l’action façon The Expendable, à la mode au moment de la sortie du jeu. On a donc un Chris sous stéroïde et avec des muscles énormes qui va s’opposer à un méchant doté de « super pouvoirs » (ce combat ou Wesker arrête les roquettes à main nue, mieux que Léon et sa machette). Le jeu propose une mise en scène sauce Hollywood assaisonnement Mickael Bay ! ça explose de partout, des boss toutes les 30 minutes, je parlerai du gameplay mais on est dans la surenchère la plus totale et si Capcom devait se lancer dans un Remake, il serait peut être de bon ton de réduire la voilure de cet aspect.
De l’action et de la coopération !
Comme je le disais plus haut, Resident Evil 5 poursuit le virage amorcé par son prédécesseur et tourne même la page du survival horror ! Le fait d’avoir un duo à l’écran ôte toute peur que le joueur peut ressentir ! Adieu les endroits sombres et gothique et place au soleil cuisant de l’Afrique ! Même dans les intérieurs comme les grottes, on n’est pas effrayé. Toutes les cartes sont rebattues ou presque ! Resident Evil 5 a voulu mettre en avant un aspect coopération un peu bancal. Tout au long de l’aventure on aura le duo Chris / Sheva à l’écran. Seul le joueur dirigera Chris sachant que Sheva peut être contrôlée une fois le jeu terminé une première fois. Au niveau de l’inventaire, on oublie les coffres déjà absent du 4ème opus. Les protagonistes peuvent s’échanger des objets cela permet à Sheva de gâcher de précieuses munitions (oui l’IA est totalement aux fraises !). L’inventaire est rapidement plein et Sheva fait office de sac de secours… Quand je dis plein, je parle des armes et des munitions ! Après seulemement 30 minutes de jeu, on a un flingue, un pompe, une mitraillette, un fusil d’assaut et un fusil de précision… Vous pourrez rapidement ajouter des grenades à main, des incendiaires, un magnum et même un lance roquette… Vous doutez du côté action du jeu ? Pour se convaincre du côté action, il suffit de constater la quasi absence d’énigme et le côté linéaire du jeu !
Heureusement, la progression de Resident Evil 5 se fait en chapitres et entre chaque chapitre on peut améliorer ses armes et surtout stocker ce qui n’est pas utile et même vendre les soins superflus et les trésors glanés dans notre exploration. Il faut être intelligent et bien prévoir son stuff avant le chapitre car si on gère mal, on peut se retrouver à court de munitions ce qui peut être embêtant vu la masse d’ennemis que l’on a dessouder ! En parlant d’ennemis, oubliez les zombies mous du genou sans réflexe… On avait déjà des zombies améliorés avec le 4 mais la c’est le zombie 2.0 ! Les adversaires sont rapides, manient très bien les armes contondantes et très vite ils sont équipés de gilets pare-balles et d’armes automatiques (non je ne déconne pas). Ils sont bien résistants et si Resident Evil 5 oublie le côté survival, il n’en reste pas moins difficile côté action ! Les boss et sous boss sont omni présents et demandent beaucoup de munitions pour s’en défaire ! A chaque fois on a droit à une mise en scène grand-gignolesque qui prête à sourire (coucou les gars à tronçonneuse avec le sac en toile de jute sur la tête…). Oui Resident Evil 5 pousse à son paroxysme le côté nanard de la licence ! On est toujours dans la surenchère avec des ennemis basiques qui ensuite mutent pour avoir des ennemis acrobates qui se relèvent avec la même aisance que Bruce Lee et enfin des soldats d’élites intelligents qui nous contournent et attaquent en groupe ! Le problème c’est que Resident Evil 5 va trop loin sur la fin avec un boss rush horrible !
Il va donc falloir user des actions coopératives ! Le problème c’est que Sheva est une quiche phénoménale que ce soit pour viser ou pour faire les actions à deux ! En tirant sur certaines parties du corps, le zombie se trouve étourdi et il faut en profiter pour faire une action au corps à corps et notre partenaire va enchainer avec la sienne afin de réduire au max la vie des adversaires ! En revanche, là où j’ai été désagréablement surpris, c’est au niveau de la maniabilité ! C’est fou comme parfois le temps nous fait oublier les choses. Il faut dire qu’après avoir fait les trois remakes, j’ai fait un bon en arrière ! Autant j’ai refait Resident Evil 2 original (de loin mon préféré de la licence) et donc je m’attendais à la maniabilité façon « tank » des personnages, autant je ne m’attendais pas à retrouver la même maniabilité pour Resident Evil 5 ! Dites vous qu’il est impossible de marcher en tirant et surtout de bouger lorsque l’on recharge ! C’est assez surprenant voir même désarçonnant et mes premières heures de jeu ont été assez laborieuses !
Resident Evil 5 propose un gameplay nerveux mais ne donne pas la meilleure maniabilité pour profiter pleinement de l’action ! En parlant de ça, pensez à bien placer les armes dans votre inventaire afin d’user du pad directionnel comme raccourci car passer par l’inventaire pour équiper une arme est une purge vu que l’ouverture de l’inventaire n’arrête pas l’action comme dans les précédent opus ! La visée est assez lente et on peut vite prendre des coups le temps de se mettre bien sur la cible. Il y a un certain côté shoot tactique que j’avais oublié sur Resident Evil 5 ! Je m’attendais à de l’action frénétique mais la maniabilité m’a bien refroidi ! Certains boss deviennent complexes en raison de la maniabilité. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, les QTE avaient la côte et Resident Evil 5 abuse de la recette jusqu’à l’indigestion. Le jeu propose de nombreuses phase ou nos personnages sont statiques en étant sur des véhicules ou usant de mitrailleuses et il faut appuyer sur les boutons idoines pour éviter les coups. Que dire des combats dans les derniers chapitres qui reposent énormément sur les QTE.
Une réalisation qui tient la route
On le sait, les jeux en 3D vieillissent bien plus mal que les jeux en 2D ou en pixel art époque Nes et Snes. Resident Evil 5 s’en sort avec les honneurs. Bon j’ai pu retrouvé avec joie (je déconne) les regards vitreux des personnages… Quant tu sors d’un Resident Evil Requiem ou même d’un remake de la licence, tu prends un claque et pas la meilleure ! Celle qui te met chaos et qui te laisse un léger mal de crâne assez inconfortable. Les visages des personnages ne retranscrivent que peu d’émotions et quand elles le font c’est assez risible. Les animations des personnages ne sont pas exceptionnelles et les QTE cassent parfois les actions en nous sauvant la mise… Au niveau des impacts, on sent que l’on était au début de la technologie et un impact au même endroit ne produit pas forcément le même effet… C’est assez déroutant. Cependant, ce qui est le plus déroutant, c’est la direction artistique globale. Comme je l’ai écrit plus haut, on n’est plus du tout dans un survival horror et donc les couleurs dominantes sont des couleurs chaudes, fini l’environnement gothique oppressant.
Même les grottes ne sont pas angoissantes et puis on a plus tendance à tourner des environnements industriels façon film d’action des années 90’s que dans des manoirs lugubres ou des cimetières angoissants. Pourtant Resident Evil 5 nous fait voir du pays sans mauvais jeu de mots. C’est également une nouveauté apportée par cet opus : on voit des environnements très variés avec des villages, des marais, des grottes, des usines et même un volcan ! Dommage que le jeu soit très linéaire et donc aucune possibilité d’explorer les lieux, on est vraiment dans le jeu couloir symptomatique de l’époque. Les personnages donnent confiance avec un Chris façon Robocop et une Sheva qui ferait pâlir Wonderwoman ! Les méchants sont assez caricaturaux y compris Wesker sur la fin qui tire trop sur le ridicule avec le méchant qui ne meurt jamais et qui nous fait découvrir une nouvelle capacité qui lui permet toujours de s’en sortir ! Tout est fait pour marquer une cassure avec le passé y compris dans le visuel. Les animations sont assez veillottes comme quoi ce qui nous subjuguait à l’époque fait de la peine aujourd’hui.
En revanche l’aspect son m’a saoulé ! Entre la musique qui s’emballe façon film d’action dès qu’un ennemi pointe le bon de son nez et une Sheva qui parle à chaque interaction j’ai pété un plomb ! Je vous promets même en dormant je l’entends dire : « I hold you one » ou « thank’s partner » dès qu’on lui file ne serait-ce qu’une balle de flingue ! Je n’en pouvais plus et dites vous que vous allez en avoir des interactions avec elle vu qu’il faut gérer un inventaire qui se remplit trop vite ! Le doublage en anglais est assez moyen avec Sheva et certains personnages qui ont un accent anglais à couper au couteau ! Même moi je passerai pour un anglais ou un américain pure souche c’est pour vous dire le niveau !
Resident Evil 5
Date de sortie : 28 juin 2016
Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
Catégorie : Action / Aventure
Prix : 19,99 €
Plateformes : PS5 / Xbox / Nintendo Switch
L’esprit de la licence perdu de vue…
J’aurai toujours du mal à comprendre les gens qui n’aiment pas Resident Evil 5 tout en adorant Resident Evil 4 ! Pour ma part j’en veux surtout à Resident Evil 4 qui a rompu les liens avec ce qui faisait l’identité de la licence que j’ai découvert lors de la sortie des opus originaux : 1996, 1998, 1999 et 2000 (oui ça ne me rajeunit pas). Quand tu sors d’un Resident Evil Code Veronica exceptionnel et qui est l’un des plus sous côté de la licence à cause d’une sortie originelle sur Dreamcast console que peu de joueurs avaient, tu ne peux qu’être déçu du 4. Mais finalement, au niveau du gameplay, Resident Evil 5 ne se montre pas si différent de son prédécesseur tant aimé ! Si le jeu est certes plus nerveux et met en avant la collaboration entre deux personnages, il est aussi bourrin ! Les différences ressortent surtout au niveau de l’ambiance globale avec moins d’horreur. Attention quand même on est loin du côté blockbuster de Resident Evil 6 mais on se rend compte que les trois opus forment un tout indissociable et ont tous contribué à l’évolution de la série. Resident Evil 7 marquera un retour aux sources tant attendu par les joueurs mais il faut quand même admettre que Capcom n’a fait que suivre l’évolution du jeux vidéo à l’époque et il est difficile, bien des années après, de lui reprocher. En tout cas, si vous voulez connaître le Lore et l’histoire principale de la licence, cet opus est un incontournable tant les réponses et les révélations qu’il apporte sont nombreuses !
- Wesker bien présent
- De l'action façon Mickael Bay
- Une belle réalisation pour l'époque
- Le changement de décor
- La maniabilité rigide
- La gestion de l'inventaire
- Ce n'est plus un survival horror
