Je continue donc mes rétro test avec ma licence préférée des jeux vidéo : Resident Evil et cette fois c’est Resident Evil 0 qui y passe ! Préquel sorti à l’origine en 2002/2003 sur Game Cube de manière exclusive puis qui a eu droit à un remaster HD en 2016 sur les autres consoles de salon. Malgré son nom et son scénario, le jeu est sorti après Resident Evil 1, 2 3, Code Veronica et même le remake du 1 ! Le jeu a surtout pour but de revenir sur les évènements qui ont conduit à la catastrophe de Raccoon City et l’origine du virus. Il vient clore l’arc de la ville du Midwest dirigée en grande partie par Umbrella Corporation. Le but est donc d’apporter des réponses aux questions des joueurs pour partir sur quelque chose de nouveau. A l’époque Capcom n’hésite pas à brusquer son public en proposant des nouveautés dans le gameplay que l’on ne retrouvera dans aucun autre opus de la licence à l’exception de lointaine déclinaison. Pour ma part, c’est un des opus que j’ai parcouru le moins de fois (c’est à dire 3/4 fois max). C’est donc avec plaisir et un peu de curiosité que je me suis replongé dans ce Resident Evil 0. Est-il un bon cru qui a bien vieilli ?
Conditions de test : J’ai joué à Resident Evil 0 sur PS5 à la version HD Remaster disponible en promotion sur le PSN Store (franchement 4,99 euros c’est donné pour des jeux comme celui-ci). J’ai joué à Resident Evil 0 un peu plus de 12 heures ce qui permet de le finir tranquillement.
Rebecca et Billy sont dans un train…
Resident Evil 0 prend donc place avant les évènements de Resident Evil 1 jusque là rien d’anormal et c’est même logique. Mais le jeu prend place vraiment quelques heures avant. Sans spoiler quoi que ce soit il se termine sur Rebecca, héroïne du jeu, qui arrive au Manoir Spencer, la même Rebecca que l’on va se casser le cul sauver avec Chris Redfield ou Jill Valentine ! On commence dans les montagnes non loin de Raccoon City où une série de meurtre mystérieux tracasse les autorités qui décident d’envoyer l’équipe Bravo des S.T.A.R.S. ! La même équipe que l’on part chercher et sauver dans Resident Evil 1 ! La boucle est bouclée. L’équipe Bravo subit un crash d’hélicoptère en forêt. L’équipe Bravo découvre un convoi qui était chargé de transporter un prisonnier militaire Billy Coen. Comme un bon vieux film d’horreur, l’équipe décide de se séparer pour mieux enquêter sur les lieux ! Oui la licence Resident Evil conserve toujours son côté nanardesque !
A peine quelques mètres de parcourus que Rebecca tombe « par hasard » sur un train à l’arrêt. Je précise qu’il s’agit de la première mission de Rebecca et donc n’importe quelle personne de sensée s’arrête et appelle les renforts mais pas elle qui rentre dans le train qui « comme par hasard » se remet en route… Dans le train, « comme par hasard », elle trouve Billy Coen qui, « comme par hasard », n’est pas si méchant qu’on le dit et les deux décident de faire équipe ensemble pour sortir de ce cauchemar. Comme on dit, le hasard fait bien les choses surtout dans la licence Resident Evil. Après avoir réussi à stopper le train ou plutôt de le crasher, les deux héros arrivent dans un ancien centre de formation d’Umbrella « comme par hasard » (promis après celle-là j’arrête). Le centre de formation ressemble énormément au manoir Spencer sauf que le lieu appartient à James Marcus qui est un des fondateurs de la société Umbrella.
Très rapidement on va « découvrir » l’évidence : Umbrella développe des virus expérimentaux au premier rang desquels on trouve le virus T que Wesker (tiens une tête connue) considère comme abouti et veut tester sur les membres du S.T.A.R. Oui la suite arrive avec Resident Evil 1. Wesker n’est pas la seule tête connue puisqu’on croisera également William Birkin qui veut absolument perfectionner son virus G. Je vous laisserai découvrir l’histoire en détail mais l’antagoniste principal de Resident Evil 0 est bien évidemment James Marcus dopé avec un virus particulier qui prend la forme de sangsues… Franchement l’histoire se suit plutôt bien et on reste dans les classiques de la licence. Ce qui est particulièrement bien fait c’est la fin du jeu qui s’articule parfaitement bien avec le Resident Evil 1 que l’on connaît tous.
Comme dit en intro, le but recherché par Resident Evil 0, c’était d’apporter les réponses aux questions des joueurs après 3 opus canonique un Code Veronica qui élargissait la pandémie au monde. Le jeu remplit parfaitement son office avec les origines d’Umbrella et du virus T, les motivations de Wesker et les débuts de Birkin. On découvre enfin ce qui a conduit à la catastrophe de Raccoon City à savoir une trahison entre James Marcus d’un côté et Ozwell E. Spencer et Edward Ashford de l’autre ! Oui toutes les têtes d’affiche de la licence sont présentes et on est dans le fan service pur et dur ! Je dirai que c’est à partir de cette épisode que toutes les pièces du puzzle s’imbrique et que le Lore de la licence prend corps pour devenir ce que l’on connaît aujourd’hui et que l’on retrouve dans Resident Evil Requiem. J’ai l’impression de me répéter à chaque rétro test d’un jeu de la licence mais cet opus est un incontournable pour tout joueur qui veut appréhender l’univers de Resident Evil et en comprendre les origines.
Ce qui est dommage, c’est qu’au niveau du jeu, l’histoire principale de nos personnages jouables passe au second plan ! Rebecca n’a aucune profondeur, à peine sait-on qu’il s’agit de sa première mission. On a également quelques informations sur son passé mais elles ne sont pas marquantes comparé à toutes les réponses données sur l’organisation d’Umbrella et la création / propagation dess virus. Pour Billy, ce n’est guère mieux puisqu’il voit son passé expédié en une cinématique qui dure 2 minutes montre en main. C’est dommage car celui-ci est présenté comme un fugitif dangereux et finalement il se trouve être la victime d’un complot qui n’est pas exploité plus que cela. Le personnage est tellement anecdotique que l’on ne reverra plus jamais dans aucun opus postérieur y compris par une simple mention dans les nombreux documents qui jonchent n’importe quel jeu de la série…
Un Resident Evil pur jus !
Resident Evil 0 n’a pas qu’un intérêt scénaristique, il va être porteur de beaucoup d’innovations en terme de gameplay et même si la plupart ne seront pas reprises on en retrouve des restes dans les épisodes postérieurs. Tout d’abord un bon vieux Resident Evil passe par une maniabilité dite « tank » : un personnage bien lourd à manier et qui galère à tourner. J’ai joué à la version remaster sortie en 2016 et qui propose donc des contrôles modernes. On peut donc user du stick avec des directions qui ne sont pas figées (comprendre qu’avant pour avancer on incliner vers le haut quelle que soit l’orientation de notre personnage, cette maniabilité peut paraître contre nature aujourd’hui) et un personnage qui court automatiquement. La visée reste archaïque avec l’impossibilité de viser une partie du corps précise et si vous voulez faire exploser des têtes alors il faut prendre le pompe, le diriger en l’air et attendre que le zombie soit proche pour tirer : les bons vieux souvenirs quoi !
On retrouve toujours un inventaire très limité : seulement 6 emplacements pour chaque personnage sachant que le pompe ou le lance grenade en prennent deux, ajoutez les munitions et un soin et il ne reste plus beaucoup de place ! Pour recharger il faut passer par l’inventaire et combiner munitions avec arme, on est vraiment sur un Resident Evil 0 old school ! On retrouve également les machines à écrire et les fameux rubans encreur nécessaires pour sauvegarder. Enfin on retrouve les animations de portes et d’escaliers à monter qui séparent les différentes pièces du jeu. Il y a également les fameux angles de caméra fixe et des décors en 3D précalculée. Excepté en mode facile, on retrouve un vrai esprit survival horror avec une gestion des munitions et des soins qu’il faut parfaitement gérer pour ne pas se retrouver en manque.
Il faudra bien gérer les munitions car les ennemis sont nombreux et le bestiaire est varié ! On retrouve les zombies de base mais aussi les araignées qui empoisonnent, les chiens et les fameux hunters de Resident Evil 1 qui sont capables de vous trancher la tête d’un seul coup… J’allais presque oublier les corbeaux qui sont presque anecdotiques ! Le bestiaire innove cependant et le moins que l’on puisse dire c’est que les développeurs ont eu de l’imagination ! On a la présence de singes infectés (oui oui des singes infectés et je vous dis ils sont vifs ces cons !). Il y a également les crapauds géants ou Lurker qui sont capables de vous tuer d’un coup dès qu’ils vous chopent avec leur langue. Les plagues crawlers sont des sortes d’insectes géants qui paraissent inoffensifs comparés à ceux que j’ai cité juste avant! Le clou du spectacle reste les zombies sangsues qui comme leur nom l’indique sont constitués de sangsues et qui doivent être brulés pour être définitivement vaincus (lance grenade ou coktail molotov). Honnêtement j’ai rarement vu un bestiaire aussi étoffé et dangereux dans un Resident Evil. Vraiment la mort peut arriver très rapidement ce qui est un autre élément qui me fait dire que Resident Evil 0 est un des épisodes les plus difficiles ou du moins le plus punitif.
Des nouveautés inédites pour la licence !
Resident Evil 0 se démarque de ses aînés par bien des aspects et le premier est le fait de diriger deux personnages en même temps, oui Resident Evil 5 n’est pas encore sorti. On peut passer d’un personnage à l’autre via un simple input et on peut donner des ordres basiques au personnage que l’on ne dirige pas : reste ici ou suis moi… C’est simple mais c’était une véritable nouveauté pour la licence ! Chaque personnage a ses capacités propres, Rebecca peut mélanger les herbes et les produits chimiques alors que Billy peut pousser des objets lourds et dispose de meilleurs aptitudes au combat avec plus de résistance et des dégâts accrus. Les énigmes vont également jouer sur la présence des deux personnages en nous obligeant à les faire coopérer en les plaçant à des endroits précis pour résoudre les puzzles. Au delà, le jeu nous avertira parfois du danger qui menace un personnage et de la nécessité de le rejoindre ou de le jouer pour lui venir en aide.
L’autre grosse nouveauté de Resident Evil 0 et pour le coup ce n’est pas la meilleure idée qu’ont pu avoir les développeurs : la disparitions des coffres de rangement ! C’est peut être un détail pour vous mais pour les habitués comme moi cela veut dire beaucoup (vous avez la référence ?). En clair il faudra jongler avec les inventaires des deux personnages et déposer les objets qui vous servent à rien à l’instant T et revenir les chercher quand le besoin s’en fera ressentir… Heureusement que le remaster a ajouté une fonctionnalité qui permet de voir sur la map où on a laissé les objets (fonctionnalité non présente dans le jeu d’origine et qui a fait que bon nombres de joueurs à s’arracher les cheveux en cherchant la clé ou le grappin qu’ils avaient laissé car inutile…). Au delà, cela rend Resident Evil 0 plus difficile que les précédents opus et en tout cas il est nécessaire de bien connaître le jeu. En effet certains passages rendent un personnage indisponible ce qui peut être emmerdant si c’est celui qui porte les armes les plus puissantes et que vous devez affronter un boss… Attention spoiler : vous êtes bon pour recommencer !
D’ailleurs et au sujet des boss, ils sont très nombreux et en tout cas plus qu’à l’accoutumée ! Comme le bestiaire ils sont très inspirés par les animaux et plus exactement les insectes. Ce sont généralement des mutations du virus T qui ont mal tourné. On a une scorpion géant, un mille pattes géant, une chauve-souris sans oublier l’indispensable Tyran ! L’arsenal mis à notre disposition est conséquent quoique classique : pistoler, deux fusils à pompe, lance grenade, magnum et petite nouveauté que j’ai cité précédemment : cocktail molotov à fabriquer via Rebecca. Resident Evil 0 est souvent sous estimé puisque sorti juste après le remake du 1 qui avait mis une claque à tout le monde mais au final, il offre un contenu conséquent et très novateur par rapport aux autres opus de la licence. Le challenge est bien présent même si la gestion de l’inventaire est une difficulté artificielle et fastidieuse qui oblige à des allers retours et qui aurait pu être évitée…
Une ambiance survival horror !
Je trouve que Resident Evil 0 brille par sa réalisation et l’ambiance qui en résulte. Le jeu est très sombre et mise énorme sur le sentiment de claustrophobie. Les lieux sont exigus et le train en est le parfait exemple ! Même si il ne s’agit que du tout premier tiers du jeu, la suite ne donne pas de grands espaces. Très souvent on a un enchainement de couloirs et de petites salles qui sont assez peuplées d’ennemis et l’esquive en devient que plus difficile. Les grandes salles sont souvent des salles de sauvegardes qui ne présentent aucun danger… On se sent donc très à l’étroit dans Resident Evil 0 et je pense que c’était voulu par les développeurs. Bien que l’on dirige deux personnages, ces derniers sont régulièrement séparés de gré ou de force. En effet, il est souvent inutile de prendre les deux personnages surtout au regard de la fragilité de Rebecca et on est donc souvent seul ce qui, de facto, renforce le sentiment de solitude… Encore une fois, Resident Evil 0 est un véritable survival horror malgré la présence de deux personnages.
Techniquement le jeu a plutôt bien vieilli pour ses décors et on peut remercier la 3D précalculée. Les animations restent honorables et les personnages tout comme les ennemis sont bien modélisés. Je tempère mon appréciation car je suis un vieux con et la madeleine de Proust joue son effet : je vois un zombie pixelisé qui explose sur le coup d’un fusil à pompe et je trouve cela « mignon »… En revanche les cinématiques piquent les yeux… C’est dommage car elles sont nombreuses et même plus nombreuses que d’habitude ! Encore une fois c’est dingue de voir que ce qui nous mettait sur le cul à l’époque est ce qui a le plus mal supporté l’effet du temps… Vraiment certaines cinématiques sont une torture à regarder…
L’ambiance sonore est par contre super qualitative même de nos jours ! Les musiques sont bien choisies et correspondent à ce que je me fais comme image de la licence. On est sur de la musique sobre, qui laisse présager à chaque fois le pire… Les angles de caméra fixe qui nous empêchent de voir une partie des lieux nous obligent à être à l’affut des bruits que l’on peut entendre : le râle d’un zombie, le cliquetis d’une griffe de hunter ou des pates d’un chien. Les sensations d’antan sont vite présentes et elles restent de qualité ! Là encore l’aspect son renforce l’ambiance pesante instaurée dans Resident Evil 0 !
Resident Evil 0
Date de sortie : 7 mars 2003
Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
Catégorie : Action / Survival Horror
Prix : 19,99 €
Plateformes : PS5 / Xbox / Nintendo Switch
Un prequel qui apporte des concepts uniques à la licence
Resident Evil 0 est un pur survival horror comme la licence a su nous en proposer à ses débuts. Je dirai qu’il s’agit d’un des opus les plus difficiles avec un bestiaire présent en masse et surtout extrêmement dangereux ! Les énigmes se montrent plus complexes avec la nécessité de faire coopérer les personnages pour des choses qui ne sont pas aussi évidentes que ce à quoi la licence nous a habitué. Au delà, le soft propose beaucoup d’innovations que l’on ne retrouvera plus par la suite : la disparition des coffres de rangements qui laissent la place à une gestion de l’inventaire horrible et qui fait multiplier les allers retours inutiles même lorsque l’on connaît le jeu sur le bout des doigts ce qui ajoute de la difficulté supplémentaire. Il n’en demeure pas moins que le jeu a bien vieilli d’une manière générale et qu’il reste plaisant à parcourir après un temps d’adaptation quant à la maniabilité old school. Enfin pour ce qui du lore de la saga, cet opus est quasiment un incontournable puisqu’il aborde les origines d’Umbrella et les causes de Raccoon City ! C’est une sorte d’Ancien Testament de Resident Evil que je vous recommande de faire !
- Les sensations à l'ancienne
- Les réponses apportées par rapport au lore
- L'ambiance pesante et sombre
- Un contenu varié via son bestiaire
- La madeleine de Proust qui fonctionne
- La gestion de l'inventaire
- Les cinématiques qui piquent
- La difficulté parfois punitive
