Je continue mes rétro tests sur la licence Resident Evil avec l’opus sorti en 1999 : Resident Evil 3 Nemesis. Un opus particulier qui est celui ouvre la licence vers un côté action plus présent et surtout un antagoniste qui va nous poursuivre tout au long du jeu. Si on avait eu un très léger avant goût avec Mister X qui apparaissait dans le scénario B de Resident Evil 2, le Nemesis est bien plus présent et a marqué une génération de vieux joueurs comme moi qui ne peuvent s’empêcher de prononcer STAAAARS à la vue du méchant… C’est aussi le second opus qui installe Jill Valentine en héroïne principale faisant d’elle une figure incontournable de la licence ! A sa sortie, le jeu a un peu divisé la communauté qui sortait d’un numéro 2 synonyme de Master Classe : un scénario à cheval sur le précédent, une action plus présente et beaucoup de nouveautés dans le gameplay qui ont bousculé les habitudes qui venaient de s’installer. Etrangement, l’original reste préféré par rapport à son remake sorti en 2020 et qu’une partie des joueurs a considéré comme bâclé. Quelle que soit l’époque, on trouve toujours à lui redire. Je me suis replongé dans l’opus original pour voir si effectivement, l’original reste meilleur que la copie de 2020…
Conditions de test : J’ai joué à Resident Evil 3 Nemesis sur PS5 à la version HD Remaster disponible en promotion sur le PSN Store (franchement 4,99 euros c’est donné pour des jeux comme celui-ci). J’ai joué à Resident Evil 3 un peu plus de 6 heures ce qui permet de le finir tranquillement et de toucher au mode mercenaires.
Jill cherche compagnon de route
Resident Evil 3 Nemesis innove avec un scénario qui se déroule en parallèle à celui du 2 comprendre qu’il est à cheval puisqu’il commence 24 heures avant et se termine 24 heures après. On va donc incarner Jill Valentine, la même du premier opus qui se repose à Raccoon City après les évènement du manoir du premier opus. On est d’accord, il y a mieux comme lieu de repos surtout que la ville est envahie par les zombies. Jill décide donc de fuir la ville sauf qu’un nouveau copain décide de la suivre partout où elle va : Nemesis ! Il s’agit d’un Tyran amélioré puisqu’autonome et capable d’utiliser des armes à savoir un lance roquettes pour faire dans la simplicité. Son objectif est simple : éliminer les témoins gênants au premier rang desquels on trouve les membres des STARS ! Comme Jill est membre des STARS, c’est une longue et belle histoire d’amour qui se profile dans Resident Evil 3 !
Très rapidement on va faire la rencontre de l’U.B.C.S. ou plutôt ce qu’il en reste ! Il s’agit d’une force spéciale d’assaut d’Umbrella Corporation dont il ne reste que Mikhail, le chef, Nicholai dont l’attitude est vraiment bizarre sans oublier le beau Carlos qui a une tête radicalement différente à celle du remake ! Tout ce joli monde va tenter de quitter la ville en train sauf que Nemesis est là et notre groupe se crashe non loin d’un beffroi (lieu non repris dans le remake). Comme d’habitude dans la licence, Resident Evil 3 Nemesis va mette en lumière les expériences d’Umbrella, des gentils se révèlent être des méchants et, cela se termine par une bombe nucléaire qui rase totalement la ville de Raccoon City. Oui je spoile mais il s’agit d’un retro test et je pense que 99% des personnes qui lisent cet article connaissent l’histoire de Raccoon sur le bout des doigts !
Resident Evil 3 Nemesis est intéressant en ce qu’il fait de Jill Valentine une héroïne récurrente de la licence au delà du fait qu’elle soit assez badasse ! Franchement les gars de la force d’élite d’Umbrella font petits enfants à côté d’elle ! Je reste toujours surpris des « fans » de la dernière heure de la licence qui ne jure que par Ada Wong qui ne fait que fuir et laisser les gens dans la merde alors que d’un autre côté on a une membre des STARS qui a survécu au manoir Spencer et donc au Tyran pour ensuite quitter Raccoon City poursuivie par un super Nemesis ! La même Jill Valentine qui survivra au Queen Zenobia dans Resident Evil Révélations et qui sera obligée d’être le bras droit de Wesker dans Resident Evil 5 (et quel bras droit !). Et puis on a tous craqué sur sa tenue et son haut bandeau bleu ciel qui tranche avec le reste du décor !
Ce qui est intéressant avec Resident Evil 3 Nemesis est que si le jeu ne propose pas plusieurs scénarios comme son aîné, il propose des fins alternatives avec les fameuses « Live Selection ». A certains moments du jeu, il nous est proposé de faire des choix entre deux possibilités. Si toutes ne modifient pas la fin, elles obligent à refaire le jeu pour explorer toutes les possibilités proposées. On a véritablement deux fins principales différentes mais dans l’une d’entre elle, il y a pas mal de différences mineures qui donnent des cinématiques et des cut scènes supplémentaires.
Un gameplay novateur pour la licence
Comme pour tout ancien Resident Evil, on retrouve les piliers de la licence à savoir : des contrôles façon tank, un inventaire limité tout comme les munitions et les soins, des coffres de rangement et des machines à écrire. Cependant Resident Evil 3 Nemesis apporte son lot de nouveautés qui oriente la licence vers un côté action plus prononcé ! Au delà des scènes « Live Selection » que j’ai évoquées, le jeu va alléger la maniabilité avec l’ajout d’un demi tour rapide mais surtout d’une esquive ! Bien gérée elle va vous sauver la mise un paquet de fois car le jeu propose beaucoup plus d’ennemis que ses prédécesseurs sans pour autant nous gaver en termes de munitions sauf si on lance une partie en mode facile. Elle fonctionne sur tous les ennemis et même les boss. Attention contrairement au remake elle ne ralentit pas le temps et ne permet pas de contre attaquer (sauf les zombies que l’on peut pousser et ainsi s’ouvrir un passage). Cela reste quand même un bon ajout.
Autre ajout apporté par Resident Evil 3 Nemesis c’est la possibilité de fabriquer ses munitions et grenades via la presse à munitions et les différentes poudres que l’on peut trouver durant notre exploration. Il y a vraiment beaucoup de possibilités surtout lorsque l’on se penche sur la fabrication de grenades ! Toujours au niveau de le rejouabilité, les énigmes peuvent changer d’une partie à une autre ! Certains énigmes sont plus corsées que celles vu jusqu’à présent dans les jeux de la licence je pense notamment à l’énigme des horloges avec les pierres (je me suis vraiment arraché les cheveux sur celle là) ou encore l’énigme de l’analyse de l’eau ! Franchement il y a moyen de se foutre une run en l’air ! Au delà les mots de passe changent d’une partie à l’autre et ne cherchez pas à tricher. J’ai fait la version PS5 qui permet le retour en arrière et la sauvegarde rapide un peu comme en tool assisted speedrun ou TAS mais d’un chargement de porte à un autre ça change !!!
C’est assez bizarre d’avoir des énigmes comme ça au milieu de l’action. J’ai trouvé que par moment cela cassait le rythme du jeu et que l’on était pas forcément dans le bon mood pour réfléchir… L’autre nouveauté du jeu se trouve dans le titre : Nemesis ! Aujourd’hui on trouve cette mécanique de jeu souvent et cela ne surprend pas mais il faut dire que Resident Evil 3 Nemesis est le premier jeu à introduire un ennemi type traqueur ! Contrairement au remake, il est beaucoup plus présent, il apparaît de manière aléatoire ce qui fait que l’on est surpris à chaque fois et il nous poursuit sur de longues portions de jeu et bordel qu’il court vite ! Et alors lorsqu’il ajoute son lance roquette, la tension monte d’un cran ! Le dernier apport du jeu est le mode mercenaire qui va recevoir un bel accueil du public et qui sera donc renouvelé dans tous les autres épisodes ultérieurs.
Finalement et alors que Capcom avait brillé pour les remakes des opus 1 et 2, après avoir fait l’original, je trouve qu’ils se sont un peu ratés pour le 3. Certains lieux comme les jardins / cimetière ne sont pas présents alors qu’ils auraient mérité un meilleur développement avec un ver qui aurait pu être mis en valeur. Le beffroi disparaît également alors qu’il renvoie indéniablement au premier opus tout comme notre rapide passage dans le commissariat renvoie au 2. A l’époque, les développeurs avaient eu des idées pour faire du fan service sans que cela en devienne écœurant. Resident Evil 3 Nemesis met le joueur sous tension constante ce que n’arrive pas à faire le remake.
Une réalisation qui souffle presque ses 30 bougies…
Bon je ne vais pas vous mentir la 3D de l’époque a très mal vieillie ! Les personnages font vraiment peur à voir avec des polygones bien prononcés et que dire des visages… Franchement à l’époque c’était une claque graphique tout comme Goldeneye sur Nintendo 64 mais de nos jours ces visages figés font rire… Malgré les graphismes datés, Nemesis avait une gueule et j’avoue que le remake l’a rendu un peu trop beau ou agréable à regarder. Les hunters prêtent également à sourire mais moins quand il s’agit de décapiter notre personnage (vraiment c’est abusé dans cet opus, il suffit d’avoir la santé en « faible » et l’instant d’après notre personnage n’a plus de tête !). En revanche les décors en 3D précalculée tiennent encore la route avec des angles de caméra qui nous empêchent justement de voir l’action et qui font monter la tension.
Les lieux sont bien illuminés et le jeu arrive à garder un côté sombre malgré l’action omniprésente et le côté nanard des personnages. Les voix des personnages sont assez bien fichues en anglais et arrivent à retranscrire les émotions totalement absentes des visages. Les musiques jouent surtout un rôle prépondérant et chaque apparition du Nemesis est accompagné d’une accélération de la partition m’a, à chaque fois, fait serrer les fesses !
Resident Evil 3 Nemesis
Date de sortie : 22 septembre 1999
Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
Catégorie : Action / Survival Horror
Prix : 19,99 €
Plateformes : PS5 / Xbox / Nintendo Switch
L’amorce du virage pour la série
Resident Evil 3 Nemesis amorce indéniablement l’évolution de la licence. C’est dingue mais en refaisant les épisodes je me rends compte de l’évolution parfaitement cohérente de la série ! D’un pur survival horror on se dirige doucement mais surement vers un côté plus action et cet opus marque une première cassure qui se formalisera totalement avec le 4ème opus. Resident Evil 3 Nemesis apporte une maniabilité plus moderne et plus souple qui permet une action plus prononcée notamment avec le demi tour et l’esquive. Si on perd le côté deux scénario, on gagne en revanche au niveau de la RNG qui fait que chaque partie diffère de la précédente En terme de lore, cet opus n’apporte pas grand chose et je pourrai dire que le faire peut être dispensable sauf si vous n’avez fait que le remake Le découpage du jeu n’est pas le même et la tension est bien plus présente dans l’original ! Au niveau de la réalisation, le jeu commence à accuser le poids des années Je vous le recommande si vous ne l’avez jamais fait mais je ne vous cache pas que l’action prépondérante, surtout dans le dernier tiers du jeu, m’a un petit peu saoulé…
- Un opus tourné plus vers l'action
- Le Nemesis bien présent et oppressant
- L'apparition de l'esquive
- Les scènes alternatives avec les live selection
- Une bonne rejouabilité
- Moins survival
- Un peu court
