Pragmata est la nouvelle IP de Capcom. J’ai découvert le jeu comme tout le monde lors de son annonce officielle et le gameplay annoncé m’a plu. J’ai poursuivi la découverte en testant le jeu lors de la PWG 2025 et j’ai été totalement enchanté par le gameplay, la réalisation et la mise en scène qui laissaient augurer du meilleur. J’ai pu poursuivre l’expérience avec la démo gratuite proposée sur tous les supports, ce qui m’a permis d’essayer le jeu sur Nintendo Switch 2. J’ai été surpris de la qualité des graphismes bien que moins détaillés que sur les autres consoles. Tout ça pour dire que j’attendais de pied ferme ce nouveau jeu d’autant que Resident Evil Requiem m’a laissé orphelin ce qui m’a poussé à proposer un peu plus de rétro tests ! Capcom est de retour pour signer une nouvelle Master Classe en 2026 ? Je vous donne mon avis !
Conditions de test : J’ai effectué le test de Pragmata sur Playstation 5 avec une version achetée par mes soins. J’ai également rçu une version Xbox de Capcom et Warning Up. J’ai joué à Pragmata une quinzaine d’heures ce qui m’a permis de le finir une première fois et ensuite de tester le contenu news game +.
Une rencontre avant toute chose
Pragmata propose avant tout de faire connaissance avec ses deux héros : Hugh et Diana. On l’a vu dans les trailers et les news dévoilées par l’éditeur, mais Diana est au cœur du gameplay et de l’histoire ! Le jeu renvoie forcément à The Last of Us et la relation entre Ellie et Joel. Si Hugh peut avoir des côtés qui rappellent le comportement de Joel, Diana est radicalement différente d’Ellie, vous me direz que c’est normal vu qu’il s’agit d’une « petite fille » de 8 ans. On découvre tout d’abord Hugh qui débarque sur la Lune en tant qu’épique de sauvetage / réparation. Il débarque avec son chef et deux potes dont on ne fera pas connaissance puisqu’ils passent tous l’arme à gauche après seulement 5 minutes de jeu… Dès notre arrivée, on découvre que la station lunaire a subi de lourds dégâts et qu’il n’y a plus âme qui vive… Pas le temps de faire quoi que ce soit que la station subit un tremblement de terre lunaire et toute notre équipe se retrouve décimée… On se réveille, sauvé in extremis par une droïde et plus précisément une Pragmata qui est une super intelligence artificielle. Vous l’aurez compris, il s’agit de Diane (désolé mais j’ai oublié son nom de droïde que Diana se plait à nous répéter durant la première heure de jeu.
Nos deux compères vont tenter de remettre la station lunaire en état pour surtout la quitter ! On découvre qu’IDUS, une autre intelligence artificielle en charge du fonctionnement de la station et donc à sa sécurité à péter un plomb et à utiliser tous les robots présents pour décimer les humains. Il va donc falloir faire face à cette menace et heureusement que Diana est avec nous puisqu’elle peut hacker n’importe quel système y compris les robots ce qui permet de les rendre vulnérables au tir de Hugh. Oui les personnages justifient le scénario ainsi que le gameplay. Au cours de notre périple, on va découvrir que la station lunaire sert à beaucoup d’expérience : impression 3D à grandes échelles, recherches sur les roches lunaires et surtout création des Pragmata auxquelles Diana fait parti. Bien sûr on va découvrir d’autres menaces qui se trouvent être plus dangereuses qu’IDUS lui même. Je trouve cependant que le scénario de Pragmata reste basique en soi. Les ennemis ne le sont pas forcément et la menace plus grande vient en fait d’éléments que l’on pensait « ami ». Le scénario passe rapidement au second plan et il se déroule surtout dans les deux dernières heures du jeu. On a la première heure de jeu qui pose les bases puis pendant 6 heures on progresse et les deux dernière heures de jeu nous abreuvent de révélations que ce soit pour la trame principale que pour l’histoire de Diana.
Là où Pragmata brille, c’est par la relation qui se noue entre Hugh et Diana au fil de notre progression. Tout est fait pour que cette relations soit mise en avant et il est impossible de passer à côté de son évolution. Nos personnages interagissent beuacoup entre eux que ce soit lorsque l’on parcourt la station mais surtout lorsque l’on se situe au refuge qui est une sorte de hub central duquel on va d’une zone à une autre. Il est possible de trouver des morceaux de mémoires terrestre qui sont des fichiers permettant de faire des impressions 3D au refuge pour les offrir à Diana et combler sa curiosité et son bonheur. Diana se comporte comme une fille de 8ans qui découvre le monde, ses réactions font donc sourire et nous pousse à lui montrer toujours plus. Hugh derrière ses allures d’ours mal léché se révèle être le parfait papa poule et il s’attache inexorablement à Diana qu’il voit comme sa propre fille. Diana a des airs attachant et on sent que les développeurs on mis le paquet dans sa modélisation et particulièrement son visage dont les traits sont criant de vérité. A l’instar de The Last of Us, le voyage et la relation qui en naissent sont plus importantes que la destination en elle même.
Un gameplay neuf pour des sensations grisantes !
Pragmata innove en tout ! Nouvelle Ip et donc nouveau gameplay ! Enfin nouveau c’est une mélange entre un jeu de tir classique et un jeu de puzzle le tout se faisant à même temps pour avoir un gameplay nerveux. Commençons par le plus simple, la phase tir. c’est Hugh qui gère cette partie là. Au menu, un pistolet puis un fusil d’assaut et des armes secondaires divisées en trois catégories : assaut, défense, stratégie (rouge, bleu et vert). On passe d’une arme à l’autre via le pad et le but est de viser les points faibles des ennemis. Ces derniers sont assez variés et si ce sont tous des robots on retrouve des inspirations humanoïdes, animales et même des insectes. J’ai eu du mal et je trouvais un peu incohérents les robots avec une sorte de gros chapeaux façon guerriers japonais. Au delà de leurs skins, ils sont des comportements et des attaques radicalement différents ce qui oblige à un peu de stratégie lorsque l’on fait face à plusieurs ennemis. Il faut aussi savoir alterner entre les différents armes puisque notre arme principale se recharge avec le temps et il faut donc switcher pour ne pas être inactif et surtout manquer la fenêtre de tir au cours de laquelle le point faible de l’ennemi est exposé.
ça fait plusieurs fois que je parle de points faibles mais ils ne sont pas là en mode « coucou c’est nous » tire nous dessus. Pour les faire sortir, Diana entre en jeu en hackant leur programme. Le hack se passe lorsque l’on vise un ennemi, un système de puzzle apparait et le but est d’aller un point A à un point B en passant par les bonnes cases. Système simple sur les premières heures, par la suite, on débloque des nœuds de hacking qui donnent des bonus à notre duo ou affaiblissent les ennemis. Il faut jongler entre hacking et tir pour se défaire des ennemis. Le système est assez bien fichu mais les améliorations ne se débloquent pas en claquant des doigts. Il faut nécessairement explorer les lieux pour trouver coffres et autres zones rouges dont les récompenses valent le détour ! Je trouve quand même que cela aurait mérité un peu plus d’exploitation avec plus de variations. Notamment dans les formes des puzzles ou encore leur design avec plus de malus et de bonus possibles. On retombe souvent sur le même schéma que l’on se contente de refaire en boucle. les variations tardent à arriver et c’est uniquement dans la dernière zone du jeu.
Toutes les capacités de hacking, armes, ou encore compétences peuvent être améliorés au refuge qui est donc le hub central duquel on rejoint les zones que l’on débloque au fil de notre progression. Plusieurs zones mais on reste sur les mêmes environnements à savoir une station orbitale déserte et sinistrée. Le refuge permet d’imprimer les mémoires terrestres pour les offrir à Diana, dialoguer avec elle pour étoffer le relation. On peut donc améliorer nos équipements et compétences moyennant du lunum qui est la roche lunaire et des points de compétences. C’est également là que l’on trouve Cabin qui est le robot majordome du refuge. Il propose des cartes de bingo que l’on gratte contre des jetons cabin qu’il faut trouver et des simulations de combats / déplacements qui offrent des récompenses intéressantes toutes en mettant nos capacités à dompter le gameplay à rude épreuve ! Cela offre un contenu secondaire non négligeable pour peu que l’on veuille tout débloquer. Si l’histoire principale ainsi qu’une petite partie du contenu secondaire peut se faire en 7/8 heures, on peut facilement doubler le temps si l’on veut trouver tous les collectibles et documents que le jeu propose et ainsi avoir un bonus.
Pragmata propose une durée de vie « réduite » mais finalement dans les standards actuels. Et puis franchement, je préfère cela plutôt que de passer des heures et des heures sur un jeu mou. L’expérience de Pragmata est condensée mais je reconnais que je me suis plutôt ennuyé sur le 3ème quart du jeu et j’ai été content de voir la fin. Comme je l’ai dit précédemment le gameplay m’a immédiatement séduit mais j’ai trouvé qu’il a manqué d’évolutions ou de variétés plus significatives dans le gameplay. On ne peut pas stocker beaucoup de noeuds de hacking et il faut savoir qu’ils apparaissent dès le premier ennemi et on passe donc son temps à éviter les bonus pour les garder quand l’adversité se fera plus rude. Car plus on progresse plus certains ennemis deviennent des sacs à PV et sans bonus de hacking les combats s’éternisent même en visant les points faibles. Le jeu n’est pas difficile et notre personnage dispose d’une esquive avec une barre d’endurance à gérer mais les combats trainent en longueur. J’ai fait le jeu en difficulté normal et le mode lunatique se débloque une fois le jeu finit une première fois. Toujours dans le contenu new game, on a droit à un mode « signal perdu » qui propose de battre la « présence non autorisée » dans la pièce secrète ce qui donne droit à de bonnes récompenses. On peut aussi refaie une partie en gardant nos capacités et armement ce qui permet de refaire une partie pour tout collecter et les combats sont plus simples en raison de notre puissance. Je dois quand même reconnaître avoir eu du mal à relancer le jeu une fois celui-ci terminé et l’expérience de jeu et sa conclusion scénaristique m’ont suffi.
Autre point à améliorer à mon goût : les déplacement de Hugh. Je les ai trouvé imprécis et lourds. On dispose d’un jet pack qui permet de prolonger son saut mais le déplacement du personnage est rigide et j’ai loupé un nombre incalculable de sauts pour être parti trop tôt ou pas trop dans la bonne direction. La construction du jeu est assez basique et correspond à ce qui se faisait il y a une paire d’années. On débloque des zones qui sont en « couloirs » et comportent quelques lieux semi ouverts qui permettent d’explorer et trouver du contenu secondaire pour peu que l’on ait la bonne capacité. Pour le coup, Pragmata propose une dimension metroidvania mais cela reste assez basique et utilisé de manière très ponctuelle. Les zones rouges nous oblige à y revenir si on n’a pas clé idoine pour l’ouvrir mais cela ne vaut que pour le début du jeu. On retrouve dans chaque zone plusieurs check point qui sont des trains annexes qui permettent de revenir au Refuge pour améliorer notre personnage et repartir au combat. C’est assez basique et un tantinet répétitif.
Une réalisation bluffante !
La réalisation de Pragmata m’a plu à plus d’un titre. Tout d’abord j’ai adoré la mise en scène de la relation Hugh/Diana. Si on voit peu le visage de Hugh pris dans sa combinaison, Diana est remarquablement modélisée et ses réactions, encore une fois, sont vraiment criantes de vérité. Les décors restent une station spatiale sinistrée et manque donc un peu de variétés. On a bien une tentative de végétalisation mais cela garde un côté androïde et cela ne dure pas. La deuxième menace que l’on découvre dans le jeu, sans spoiler, si elle veut avoir un côté surnaturel elle garde des traces de DA informatiques ou robotiques. On retrouve également cela dans le bestiaire. Si les formes sont variées, les couleurs avec une dominance de gris persistent. Ensuite, Pragmata offre de beaux panoramas même pour des paysages lunaires ! J’ai été bluffé par certains extérieurs et certains plans larges. La mise en scène est assez bien fichue et l’arrivée des boss est toujours grandiose !
En combat, le jeu est ultra fluide et pourtant ce n’était pas couru d’avance. Entre le hacking, le tir, les attaques des ennemis, les effets de lumière, Pragmata reste fluide tout le temps ! J’ai bien eu droit à un bug d’affichage qui faisait apparaître tous les personnages noirs et qui a demandé de relancer le jeu mais c’est bien le seul écueil que j’ai subi. La réalisation sonore est exceptionnelle avec de belles mélodies et surtout un doublage des personnages exceptionnels. Les émotions sont parfaitement retranscrites et le doublage de Diana est génial, et je le dis alors que j’ai fait le jeu en français ! Bon qui dit enfant de 8 ans dit enfant qui parle beaucoup et Diane parle énormément ! Oui on peut avoir envie de lui claquer le baigneur mais quiconque a été parent d’un enfant de 8 ans sait de quoi je parle : il commente tout ce qu’il voit et dit tout ce qui lui traverse le crâne…
Pragmata
Date de sortie : 17 avril 2026
Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
Catégorie : Action / Aventure
Prix : 59,99 euros
Plateformes : PS5 / Xbox Series / Nintendo Switch 2
Une belle nouveauté qui doit être approfondie !
J’en attendais beaucoup de Pragmata peut être trop et je sors de l’expérience de jeu avec un ressenti ambivalent. J’ai adoré le nouveau concept proposé, le gameplay, la relation des personnages et j’ai été pris dans le jeu pourtant j’ai été content de voir la fin arriver avec une sensation de répétitivité dans le gameplay et un scénario finalement simpliste. Tellement soulagé qu’alors que j’aime replonger tout de suite dans le contenu post end game d’un jeu, avec Pragmata, j’ai eu besoin de laisser couler quelques jours histoire de savourer la fin du jeu et l’expérience proposée. En me replongeant dans le contenu post engame et donc des missions un peu plus difficile, j’en suis arrivé à ma concluson selon laquelle le gameplay est original et top mais il mériterait plus de features et de variétés qui auraient donné des combats différents les uns des autres. La progression est également très classique même pour un jeu type metroidvania. Le contenu secondaire est présenté façon année 2000’s, pas de mission scénarisée, uniquement des simulations de combats qui donnent des récompenses. J’ai l’impression que les développeurs se sont concentrés sur le concept du gameplay sans se soucier des éléments autour. Tout cela peut laisser croire que je n’ai pas aimé le jeu mais au contraire je l’ai adoré et je me plais à continuer à la finir à 100% !
- Le gameplay original
- La relation Hugh / Diana
- Une réalisation graphique impressionnante
- Le doublage de Diana
- Une progression trop classique
- La rigidité de Hugh
