Chaque année c’est le même rituel : la rentrée scolaire, le retour de la Ligue des Champions et un nouvel EA Sports FC qui débarque avec son lot de promesses. Après un FC 26 qui avait divisé pas mal de monde entre sa scission Compétitif / Authentique plutôt bien reçue et son sentiment de stagnation générale, EA Vancouver et EA Romania remettent le couvert avec EA SPORTS FC 27. Au menu cette année : une défense qui reprend enfin la main sur l’automatisation, des modes Carrière qui se secouent un peu et surtout The Grounds, un tout nouveau monde ouvert social qui doit redonner un coup de fouet à la licence. La promesse est belle sur le papier, reste à savoir ce qu’elle donne une fois la manette en main !
Conditions de test : J’ai testé EA Sports FC 27 sur PS5, entre matchs de Coup d’envoi, Carrière Manager et quelques sessions sur The Grounds, pendant une bonne vingtaine d’heures.
Une routine annuelle qui commence à trouver son rythme
Avant de rentrer dans le vif du sujet, petit retour en arrière sur FC 26. L’année dernière, EA avait eu l’intelligence d’arrêter de vouloir plaire à tout le monde avec un seul et même curseur de gameplay. Résultat, deux préréglages bien distincts : Compétitif, taillé pour l’Ultimate Team et le online, plus rapide et plus spectaculaire, et Authentique, pensé pour la Carrière et les puristes qui regrettent l’époque où la série s’appelait encore FIFA et jouait plus lentement, plus posé. Une bonne idée sur le papier, qui souffrait cependant d’un défaut : cette dualité créait parfois une drôle de sensation de jouer à deux jeux différents rangés dans la même boîte, avec des incohérences qui ressortaient régulièrement, notamment sur le placement défensif.
EA SPORTS FC 27 conserve cette base Compétitif/Authentique, qui reste le socle sur lequel tout le reste du gameplay s’appuie cette année. Je n’ai pas cherché à comparer en détail les deux réglages ligne par ligne comme j’aurais pu le faire, mais dans mon utilisation classique du jeu, cette séparation continue de bien fonctionner et personne ne devrait se sentir lésé selon son mode de jeu favori. C’est donc une fondation qui reste solide, sur laquelle EA vient cette année greffer plusieurs ajustements plus ciblés.
Sur le terrain, le pouvoir revient (enfin) au joueur
Le plus gros chantier de cet opus, c’est clairement la défense. L’an dernier, l’IA défensive était tellement costaud qu’elle avait tendance à gommer l’écart de niveau entre les joueurs : peu importe qu’on maîtrise le tacle ou le placement, l’ordinateur faisait le boulot à notre place. EA SPORTS FC 27 corrige clairement le tir en remettant le contrôle manuel au centre du jeu. Les défenseurs gagnent en vitesse de contain, la fenêtre pour déclencher un tacle debout s’élargit, et on sent immédiatement la différence dès qu’on prend soi-même la main sur son arrière plutôt que de laisser l’IA gérer. Résultat, les duels dans la surface de réparation deviennent nettement plus intenses et on a vraiment l’impression que notre lecture du jeu et notre timing comptent enfin.
Les coups de pied arrêtés ont eux aussi été retravaillés, et c’est clairement l’une des additions que j’ai préférées. On peut désormais appliquer une tactique aux corners et coups francs, un peu comme pour les schémas d’attaque classiques, et sur les corners en particulier, une petite fenêtre d’action permet de placer précisément son joueur à la retombée du ballon. Il faut le bon timing, ce n’est clairement pas donné à tout le monde du premier coup, mais une fois la mécanique en main, ça devient un vrai levier pour se créer des occasions. Seul bémol, le rythme ralentit pas mal sur ces phases, ce qui casse un peu la dynamique du match les premières fois, même si on s’y fait.
Côté attaque, les appels de balle ont été revus pour offrir des schémas plus variés et plus lisibles sans avoir besoin de tout déclencher manuellement, ce qui ouvre la porte à des compositions plus intéressantes qu’auparavant. Cela dit, tout n’est pas parfait non plus. Certains buteurs restent beaucoup trop efficaces quand d’autres galèrent sur des situations pourtant simples, et les passes manquent encore de précision et de souplesse, un reproche qu’on traîne depuis plusieurs éditions maintenant. EA SPORTS FC 27 avance donc dans le bon sens sans pour autant effacer toutes les vieilles frustrations de la série.
Entre stade et bureau : Carrière et Ultimate Team se refont une beauté
Les modes Carrière, trop souvent boudés par EA d’une année sur l’autre, reçoivent quelques attentions bienvenues cette fois. Côté Manager, les menus de transfert deviennent enfin plus lisibles, ce qui n’est pas un luxe quand on connaît la réputation de l’interface des FC. On note aussi davantage de variété dans les événements de saison, avec notamment plus de blessures qui viennent chambouler les plans, et une gestion des échanges globalement plus cohérente. Rien de révolutionnaire, mais chaque petite avancée est bonne à prendre. Côté Carrière Joueur, le principe reste le même compromis entre gestion de son personnage, entraînement et matchs, avec cette fois un système de rivalités qui vient pimenter un peu l’expérience à travers des objectifs à remplir en match. On regrette juste que ce mode n’exploite pas davantage les nouveautés apportées par The Grounds, qui aurait pu lui donner un vrai coup de peps. Plus de 800 clubs et sélections nationales sont au rendez-vous, avec toujours quelques absences liées à la concurrence avec eFootball, comme Santos, l’AC Milan ou Atalanta. Petit clin d’œil sympa en revanche pour les fans de la série Ted Lasso, avec l’AFC Richmond et son équipe féminine de retour dans le roster. J’ai quand même bien apprécié le changement des menus de transferts. Finies les cutscènes à répétition dans un bureau. Maintenant tout se passe via le téléphone et les options ont été revues à la hausse avec l’ajout de clause bonus nombreuses.
Sur Ultimate Team, la grosse évolution se situe du côté de la monétisation, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Le marché des transferts est désormais verrouillé pour les nouveaux comptes histoire de lutter contre le multi-compte et les abus, ce qui frustre un peu au démarrage mais part d’une bonne intention. Surtout, ouvrir des paquets et dépenser de l’argent ne permet plus de dépasser instantanément tout le monde avec un seul gros achat, un changement plutôt rafraîchissant pour ceux qui jouent gratuitement ou avec un budget serré. Les récompenses de Division Rivals ont aussi été retravaillées pour offrir une progression plus claire, de la Division 10 jusqu’au rang Élite.
The Grounds, le pari du monde ouvert
Voici la vraie grosse nouveauté de cet épisode : The Grounds, un monde ouvert social où on peut croiser jusqu’à une centaine de joueurs en simultané. Concrètement, on crée son propre avatar avec un éditeur de personnage assez dense, même si l’interface pour valider ses choix est franchement à revoir tellement elle peut se montrer capricieuse. Une fois notre personnage prêt, on débarque dans une ville divisée en trois quartiers, chacun inspiré d’une grande nation du football : l’un à l’ambiance très anglaise, un autre aux couleurs de l’Argentine, et le dernier qui rend hommage au football français, avec pour chacun son architecture, ses musiques et ses activités propres. Le souci du détail est là, avec pas mal de fresques murales et d’anecdotes disséminées un peu partout sur l’histoire du sport, un petit plus sympa pour qui aime flâner.
The Grounds regroupe tout ce qui touchait auparavant au mode Clubs, avec du Rush qu’on connaît déjà bien, mais aussi des petits matchs en 1v1, 2v2 et 3v3 qui ressemblent furieusement à un retour non assumé de Volta après sa disparition dans FC 26. On y trouve également plusieurs mini-jeux histoire de varier les plaisirs : un panier de basket à la place des cages, une sorte de balle au prisonnier avec le ballon, ou encore des parcours d’obstacles chronométrés. Toutes ces activités permettent de faire progresser un archétype de joueur, à choisir parmi treize profils différents, qui débloquent des points de compétence pour muscler ses statistiques selon son style de jeu préféré. Des mentors comme Mbappé ou Chloe Kelly viennent aussi distribuer des petites missions pour se familiariser avec la carte.
Cela dit, The Grounds a encore clairement besoin de mûrir. La carte est franchement petite et surtout vide, on n’a pas vraiment de raison de s’y balader tranquillement plutôt que de foncer d’une activité à l’autre. La dimension sociale, censée être l’argument central du mode, reste également assez timide : à part quelques animations entre joueurs, il n’y a pas grand-chose pour vraiment échanger avec les autres, et rien pour patienter quand une file d’attente se forme sur certains types de matchs. Une bonne idée sur le papier, mais qui aura besoin de plusieurs mises à jour pour vraiment convaincre sur la durée.
Un coup de polish qui interroge (ou pas)
Passons à la réalisation, et c’est là que je vais peut-être me faire des amis ou pas ! De mon côté, j’ai trouvé que les graphismes avaient fait un vrai bond en avant par rapport à FC 26, avec un réalisme et des animations qui m’ont clairement paru supérieurs, notamment sur les duels physiques et les contacts aériens où les joueurs prennent vraiment corps sur le terrain. Après quelques recherches, je me suis rendu compte que je n’étais visiblement pas franchement dans la majorité sur ce point : pas mal de tests, français comme anglophones, décrivent plutôt une évolution marginale, presque cosmétique par rapport à l’an dernier. Alors, suis-je juste plus sensible aux petits détails d’animation cette année, ou est-ce que le fait d’enchaîner les matchs m’a rendu plus indulgent ? Je n’ai pas de certitude, mais en tout cas, à l’écran, le rendu m’a semblé plus convaincant que d’habitude, en particulier sur les gestes techniques et les têtes.
Ce qui fait clairement tache en revanche, c’est le public dans les tribunes, qui a toujours cette allure figée d’une autre génération, un défaut d’autant plus visible qu’on retrouve désormais les mêmes silhouettes qui se baladent aussi dans The Grounds. Ça casse un peu l’immersion sur le coup. L’interface générale du jeu reste également perfectible, avec une navigation entre les menus qui peut vite devenir pénible à la manette, un reproche qu’on traîne malheureusement depuis plusieurs éditions sans que ça ne s’arrange vraiment.
Sous le capot, quelques couacs à corriger
Niveau technique pur sur PS5, le jeu tourne globalement bien, sans souci de fluidité majeur pendant les matchs. J’ai tout de même croisé quelques bugs ponctuels lors de mes sessions, comme une partie entière où la moitié du terrain s’est retrouvée plongée dans le noir, ou l’impossibilité de valider un changement en plein match. Rien de rédhibitoire, mais suffisamment gênant pour espérer un correctif rapide. The Grounds demande évidemment une connexion stable pour fonctionner correctement, logique pour un mode social en ligne, mais un petit désagrément supplémentaire si votre connexion a tendance à faire des siennes.
EA SPORTS FC 27
Editeur : Electronic Arts
Développeur : Electronic Arts
Catégorie : Simulation football
Prix : 79,99 €
Plateformes : PS5 / Xbox / Nintendo Switch 2
Le meilleur cru depuis l’abandon du nom FIFA
EA Sports FC 27 ne révolutionne clairement pas la licence, mais c’est sans doute l’épisode le plus abouti depuis le changement de nom. La défense manuelle qui reprend enfin ses droits, des coups de pied arrêtés plus stratégiques et des modes Carrière qui se secouent timidement font clairement du bien à une formule qui commençait à tourner en rond. The Grounds est une belle promesse pour l’avenir de la licence, même si le mode a encore besoin de mûrir pour tenir toutes ses ambitions sociales. Niveau réalisation, j’ai personnellement été agréablement surpris par le bond en avant sur les animations, même si tout le monde ne semble pas partager mon enthousiasme sur ce point précis. Au final, FC 27 reste sur les acquis de la série avec ses standards habituels, mais chaque petit ajustement rapproche un peu plus la licence du jeu de foot ultime qu’elle promet chaque année.
- La défense manuelle qui redonne le contrôle au joueur
- Les coups de pied arrêtés plus stratégiques
- The Grounds, une belle promesse pour l'avenir
- Des graphismes et animations que j'ai trouvés en net progrès
- Un mode carrière bien riche !
- The Grounds encore trop vide et peu social
- Le public dans les tribunes toujours à la traîne
- L'interface toujours aussi pénible à naviguer
