Test Disintegration, un mélange des genres qui fait plouf ?

Quand on me dit que je vais m’essayer au nouveau jeu de Marcus Lehto je suis en transe limite avec le filet de bave au coin de la bouche et les mains tremblantes ! Bon ceux qui ne connaissent pas le nom de Marcus Lehto ne comprennent pas pourquoi je me mets dans cet état là. Donc, il s’agit « juste » du co-créateur de Halo et maintenant vous pigez mon excitation. Bref le bougre a décidé de fonder son studio, V1 Interactive, et nous propose un FPS en y intégrant des mécaniques de stratégie en temps réel. Vendu comme révolutionnant notre vision du FPS et après une bêta en demie teinte, nous voici face à la version finale ! Il est donc temps de découvrir si le nouveau né de Marcus Letho prend le chemin de ses illustres aînés…

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On va dézinguer du monde

Une mise en scène grandiose mais un background vide…

Le jeu nous vend du rêve avec un scénario mainte fois revu mais qui offre une infinité de possibilités. L’humanité est confrontée à son extinction (encore !) et pour éviter l’inévitable, un intellectuel mais pas tant que ça, a trouvé le moyen de transférer le cerveau de chaque être humain dans un corps de robot. Le procédé s’appelle l’intégration (et maintenant vous comprenez le titre du soft…) et chaque être à le choix de passer à la casserole ou pas. Sauf qu’il ne faut jamais faire confiance aux robots et, à l’instar d’I-Robot (mais vous ne verrez pas Will Smith), une faction qui se fait appeler Rayonne a décidé de généraliser le processus sans vous demander votre avis : les salauds ! Heureusement que la résistance compte dans ses rangs un dénommé Romer Shoal pilote d‘X-Wing  Gravicycle sorte de quad volant d’un autre temps (j’y reviendrai) qui va protéger les derniers humains de la menace.

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Le fameux gravicycle…

On a donc un bon scénario mais en apparence seulement… Le reste de l’aventure est digne d’un encéphalogramme plat… Il ne se passe rien et au bout de 4 missions, on se contente d’enchaîner les objectifs sans trop se creuser la tête pour comprendre le pourquoi du comment et pour cause ! Il n’y a rien à dire ! Entre chaque mission vous avez le droit de retourner dans le hub central du jeu composé de quelques PNJ qui vous donneront quelques bribes de dialogues insipides et sans saveur au delà des objectifs secondaires à accomplir… Autant je me suis moqué de la base centrale d’Anthem avec des PNJ qui vous tiennent la jambe et qui ne s’arrêtent pas de causer comme tout bon coiffeur, dans Disintegration on est dans l’extrême inverse… Le hub central est vaste mais vous ne trouverez que deux pelés et trois tendus qui se contenteront de vous dire que la vie est dure (merci Captain Obvious) vous ne trouverez rien d’autre. C’est vraiment dommage et on sent que les développeurs ne se sont pas foulés pour nous donner un scénario digne de ce nom….

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Hé Ho !!!
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Y’a quelqu’un ?

Cette absence de scénario est d’autant plus dommage que le jeu nous propose de magnifiques environnements qui font souvent dans le gigantisme. D’ailleurs on sent bien la pâte du créateur d’Halo avec un mélange de décors futuristes placés dans la nature. Bon au risque de dépeindre un tableau noir du jeu, niveau réalisation c’est le seul point positif que j’ai réussi à trouver… La destruction de l’environnement qui a été vendue et survendue dans les différentes vidéos se résume au strict minimum… Seules quelques portes, fenêtres ou piliers inutiles tomberont sous les balles et les explosions, le reste du bâtiment restera debout malgré un tir nourri de mortier. Que dire des animations de tirs qui sont une nouvelle fois très minimalistes particulièrement les impacts sur les ennemis qui ne sont pas dignes d’un jeu AA (oui je mets pas le troisième c’est voulu). A être sur le bestiaire autant écrire une petite bafouille dessus : où est la variété ? Franchement les ennemis peine à se renouveler que ce soit les troupes au sol ou aériennes, on a toujours l’impression de détruire les mêmes prototypes. On continue sur l’aspect sonore ? Une nouvelle fois et pour éviter de nous surprendre les développeurs continuent dans le minimum syndical… Très peu de musiques, des bruitages qui se ressemblent tous sauf lorsque l’on passe de la mitrailleuse au fusil à pompe et que dire des doublages… Ils sont caricaturaux mais surtout pas tellement bien synchronisés avec les visages…

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Les décors font dans le majestueux
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Et le mélange des genres réussis

Le cul entre deux chaises

Disintegration est donc un FPS avec des mécaniques de stratégie en temps réel, vaste programme sur le papier mais en pratique la réalité est tout autre. Déjà il faut savoir que vous ne combattrez jamais au sol puisque vous êtes un pilote de gravicycle. Le gravicycle est une moto volante d’une lourdeur incroyable équipée d’armes ridiculement faibles… Je n’exagère rien et dès le tutoriel on sent que piloter le bousin ne sera pas une partie de plaisir… Votre moto est capable de prendre de la hauteur, un boost pour éviter les projectiles ennemis, un scan pour repérer les troupes et les caches d’armes qui vous permettront d’améliorer votre escouade ou vous même, une arme offensive qui fait autant de dégât qu’une mouche qui pète, une arme secondaire qui sera à soigner vos alliés en zone ou de manière individuelle en fonction des missions. Piloter le gravicycle représente la dimension FPS du jeu sauf que ce n’est pas très réussi et cela manque cruellement de dynamisme. La moto donne l’impression d’avoir autant de grâce et de légèreté qu’un 36 tonnes et surtout ne fait quasiment pas de dégâts… Seuls vos troupes au sol ont la réelle capacité d’annihiler les robots qui se présentent à vous. C’est dommage pour un FPS de manquer totalement d’action et d’avoir l’impression de ne servir à rien. C’est comme si dans un COD vous faites face à des hordes d’AK47 équipés de gilets pare balles alors que vous n’avez qu’un PPK silencieux… Le pire c’est que le système de visée est très rigide et surtout totalement imprécis ! Le système de zoom est très lent et on met la moitié du chargeur à côté, chargeur qui contient très peu de balles et qui prend une plombe à être rerempli…

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Système de visée archaïque
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Inefficacité des armes : check !

Du coup on se rabat sur la dimension stratégique du soft qui se résume à déplacer vos troupes à l’aide de votre viseur et d’indiquer des cibles prioritaires : wahou ! Vos troupes ont une capacité spéciale en fonction de leur classe, capacité qui présente un cool down pour éviter d’en abuser. C’est très peu surtout que la difficulté du jeu est quasiment absente excepté au niveau maximum… Si la campagne vous tiendra environ pendant 7 heures c’est uniquement en raison de la longueur des missions. A chaque fois il faudra compter entre 30 et 45 minutes pour en terminer une. Le problème c’est que les missions se ressemblent toute… Une nouvelle fois les objectifs changent mais sur le papier uniquement ! Sur le terrain, vous ferez toujours la même chose à savoir avancer détruire ce qui se présente à vous, avancer, détruire ce qui se présente à vous avancer bref une boucle sans fin jusqu’à voir la cinématique (insipide et sans saveur) de fin de mission… Ce n’est pas les objectifs secondaires qui vont changer quoi que ce soit puisqu’ils se résument à tuer un nombre d’ennemis avec une certaines armes ou réussir des chekcpoints dans des temps limités. Il y a bien sûr une dimension d’exploration mais elle est un petit peu lourde dans la mesure où votre vaisseau ne se déplace pas si vite que ça et vos troupes ne peuvent pas être divisées du coup il faut faire point par point. J’ai trouvé cela un peu ridicule dans la mesure où dans n’importe quel jeu de gestion de troupes on peut envoyer un soldat à un point A pendant qu’un autre va à un point B…

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Les défis sont plus fatiguant qu’autre chose…
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Les caches d’armes à trouver… en groupe !

Le jeu propose également un mode multijoueur. Un multijoueur qui propose trois modes de jeu : une sorte d’élimination confirmée dans lequel il faut tuer les ennemis et récupérer leur cerveau pour éviter qu’ils ne réapparaissent, un mode domination et un mode capture du drapeau. Cette fois dans le mode multijoueur vous pouvez entièrement personnaliser votre vaisseau au niveau des armes et le rendre bien plus performant et c’est à ce moment que l’on se dit que la campagne solo est en fait un tutoriel qui vous pousse à utiliser tous les gadgets possibles pour être paré en multijoueur. J’étais donc chaud comme une baraque à frites lorsque j’ai lancé le match making et puis j’ai attendu attendu, attendu pour craquer au bout de 10 minutes de vaines recherches. Le jeu est sorti depuis moins d’une semaine et il n’y a personne sur les serveurs : ô désespoir !

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Les ennemis aériens sont une plaie !
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Contrairement aux tourelles immobiles

Conclusion

Disintegration est vraiment une énorme déception ! A vouloir proposer un gameplay hybride, les deux faces du gameplay ne sont pas finies et on ne prend de plaisir ni dans le côté FPS ni dans le côté stratégique… La maniabilité est trop rigide et lente pour un FPS et pas assez développé pour un jeu de stratégie on se contente d’avancer et de bourrer tout ce qui bouge de manière très répétitive. Si les graphismes et les environnements relèvent parfois du contemplatif, ils n’arrivent pas à relever la réalisation en général qui reste en deçà de ce qui se fait habituellement pour un jeu ayant les mêmes moyens surtout que Disintegration est quand même vendu 50 balles… Je vous conseille alors d’attendre une baisse de prix pour tenter l’expérience.

Positif

  • Graphiquement joli
  • Une tentative de mélange des genres…
  • Bonne durée de vie

Négatif 

  • … qui ne prend pas
  • Très répétitif
  • Maniabilité et gameplay rigides et lents

Satisfaction du Piwi 49 %

Si tu veux acheter le jeu (le Piwi ne prend aucune commission car non actionnaire chez  Sony ni Microsoft ni Private Division !) ICI XBOX ONE ou ICI PS4.

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  • Date de sortie : 15 juin 2020
  • Editeur : Private Division
  • Développeur : V1 Interactive
  • Catégorie : FPS / TPS
  • Prix : 49,99 €
  • Classification : PEGI 12

 

 

Le test a été réalisé avec une version presse PS4 offerte par Warning Up (Merci Rémi !).

 

 

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