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Etant fan de la saga Resident Evil, je suis de facto fan des jeux de survival horror. Quand je dis survival horror, ce sont les jeux dans lesquels tu galère à survivre face à des menaces biologiques et occultes en raison d’un manque de moyens de défense ou d’objet de soin. Le genre de jeu dans lequel il faut réfléchir entre éviter un combat ou le faire pour une récompense. Donc un survival horror c’est pas le genre où tu défourailles tout sans réfléchir (suivez mon regard…). Puis voilà que débarque The Chant, un petit jeu indé développé par Brass Token, studio canadien qui se targue d’être composé de vétérans de l’industrie qui ont notamment bossé sur Sleeping Dogs ce qui peut ressembler à un gage de qualité. Du coup j’ai été tenté pour faire une petite retraite sur une île paisible entouré de hippies. La retraite n’a pas été aussi paisible que voulue et il est temps que je vous dévoile mon carnet de voyage.

The Chant
Je voulais juste me reposer bordel !

Viens te ressourcer avec des cristaux naturel…

L’histoire prend place sur l’Ile de la Gloire. The Chant commence par un flash back qui nous place au commande d’une femme enceinte en 1970 sur la même île. L’action commence en plein rituel sectaire au cours duquel notre protagoniste décide de rompre le cercle et de tenter de s’enfuir. On peut alors prendre les commandes de la belle et la scène fait office de mini tutoriel. On tente donc de s’enfuir jusqu’à arriver au bord d’une falaise de laquelle Babs (c’est le nom de celle que l’on dirige) décide de se jeter… Ambiance ! Après un écran noir, on se retrouve au présent à suivre Jess qui décide de rejoindre son amie d’enfance, Kim, qui effectue une retraite spirituelle sur la fameuse île. Notre héroïne ne va pas faire cette retraite par hasard puisque cette retraite doit lui permettre de guérir d’un évènement traumatisant : la mort de sa sœur qui s’est noyé dans le lac pendant que Jess prenait un bain de soleil…

The Chant
Bienvenue dans la secte

Dès notre arrivée sur l’île, on sent bien que l’on est tombé au milieu des adorateurs de Hare Krishna… Tous les adeptes sont un poil lobotomisés par le gourou Tyler qui croit en la puissance des cristaux prismiques… A notre arrivée, on est obligé de se changer pour prendre des vêtements blancs et on reçoit du gourou un prisme que l’on se dépêche de mettre à notre coup. Après avoir fait connaissance avec les autres membres de la secte (au nombre de trois) c’est l’heure du premier rituel… Après un thé à base de champignons hallucinogènes, le rituel part en cacahuète puisque notre amie s’enfuit brisant le cercle comme l’avait fait Babs 40 ans plus tôt… C’est alors le début de l’enfer pour notre chère Jess… je n’ai vraiment pas envie de spoiler le scénario car c’est un point fort du jeu.

The Chant

Je me contenterai de te dire que le scénario fait une passerelle entre passé et présent. On comprend ce qui s’est passé en 1970 et donc ce qui va se passer aujourd’hui au travers d’écrits ou de bandes vidéos anciennes que l’on peut lire sur des rétroprojecteurs. Concrètement il sera question d’obscurité, de monde parallèle, de mental, de sorcellerie, de possessions, de pouvoir des pierres… Cela peut paraître fouillis mais l’aventure est totalement cohérente et on avance de révélations en révélations. Notre but sera principalement d’aider notre meilleure amie et de foutre le camp de cette île !

The Chant mais pas trop fort…

Le gameplay de The Chant m’a rappelé celui des premiers Resident Evil. On progresse de zones en zones qui s’ouvrent petit à petit au fur et à mesure de notre progression. De manière basique, on avance jusqu’à tomber sur une porte verrouillée et il faut trouver la clé pour continuer notre progression. C’est très basique mais également très simple ! Très souvent l’objet se trouve dans un périmètre restreint de la porte. Jamais le jeu ne vous demandera de faire du back tracking. L’exploration est assez linéaire. On n’a pas de monde ouvert et les zones à explorer sont des sortes de couloirs géants dans lesquels il est difficile de se perdre. L’exploration est cependant importante car elle permet d’une part de faire le plein de ressources pour les obstacles qui se dresseront devant nous mais également pour comprendre l’histoire de The Chant.

Car au delà de la balade que nous propose The Chant, il faudra faire face aux créatures de l’obscurité. Je vais vulgariser toujours dans l’idée de ne pas spoiler le scénario. Le rituel que l’on a commencé a chargé nos cristaux ce qui a ouvert une porte sur un autre monde, dit de l’obscurité. De ce monde viennent des créatures qui ne nous veulent que du mal… Ces créatures s’en prennent à notre mental dans le but de faire naître une crise de panique et nous aspirer alors définitivement dans l’obscurité… C’est compliqué mais vraiment lance toi dans le jeu et tu verras c’est simple. On va donc croiser différentes créatures que l’on pourra combattre ou éviter afin de garder nos précieuses munitions et soins. Le bestiaire est varié pour un jeu indé aussi court et on a même droit à une sorte de Mister X qui prend la forme d’une nuée d’abeilles (Jess a la phobie des insectes) et qui nous poursuit dans certaines zones. The Chant propose même des combats de boss !

Le gros crapaud !

Pour nous défendre, on a une esquive, la possibilité de bousculer nos ennemis, l’usage de bâtons (incendiaire, sorcellerie ou sauge), l’usage de sel ou d’huile sous forme d’attaque ou de piège et enfin l’usage de notre cristal qui débloque des pouvoirs comme celui de ralentir les ennemis, les repousser, faire un mur d’épines autour de nous… Il y a de quoi faire. Le problème est que j’ai trouvé les combats mous et dénués d’intérêt vu l’absence de difficulté y compris en mode hard ! L’esquive est totalement pétée avec une fenêtre d’action de plus deux secondes ! Franchement quand on se prend un coup c’est qu’on l’a fait exprès ou que l’on ne regarde pas l’écran. On a un coup fort et un coup faible mais j’ai pas noté de différence de dégâts entre les deux… Au delà, je me suis aperçu, à la seconde moitié du jeu, que tous les combats sont évitables à l’exception des boss (il y a même un succès pour cela). Cela rend le jeu encore plus court sachant qu’il n’est pas difficile d’éviter les ennemis puisque l’on est plus rapide qu’eux malgré la rigidité de notre personnage…

Le jeu est facile et court c’est son principal défaut. Moins de 5 heures pour le terminer c’est vraiment peu mais la rejouabilité est présente avec trois fins différentes possibles. Ces fins dépendent des choix que l’on fait sur les caractéristiques de Jess ce qui m’amène à parler de la gestion du personnage principal. Jess a trois jauges : santé, mental et spiritualité. La santé tout le monde a compris. Le mental dépend de la psyché de Jess. Lorsque tu entres dans une zone obscure ou que tu fais fasse à un ennemi, Jess commence à paniquer et la jauge de mental descend. Si la jauge tombe à zéro Jess panique (l’écran devient noir et blanc) et si tu te fais choper c’est le game over. Pour remonter sa jauge de mental on peut méditer ce qui baisse la jauge de spiritualité. Au delà, on a des collectibles type lavande ou champignons qui permettent de remonter les jauges idoines.

C’est la panique

Une grosse partie du jeu tourne autour de la gestion de ces jauges et de l’équilibre entre elles. Rien de bien méchant et comme je l’ai dit plus haut l’esquive de combat permet grandement de préserver la santé et le mental de Jess. Pour nous aider et comme c’est à la mode même si j’ai du mal avec pour un survival horror, on a un arbre de compétences ! Il n’est pas énorme et franchement, je n’ai pas trouvé les compétences utiles : augmenter la capacité des jauges, l’efficacité des soins ou réduire le cout d’une compétence spirituelle… Pour preuve, ce n’est que dans le dernier tiers du jeu que je me suis dit tiens si je montais mes compétences et je n’ai noté de différence notable… J’ai l’impression que les gars l’ont implanté pour dire : on l’a fait. On monte les compétences via les cristaux prismiques que l’on peut trouver via l’exploration voilà rien à dire sur cet aspect assez anecdotique.

De beaux paysages et des visages figés…

On est d’accord, The Chant n’est pas un AAA et je ne m’attends pas à un canon de beauté ou du moins à un jeu exempt de tout défaut par rapport à la réalisation. Au départ j’ai été agréablement surpris par les paysages proposés. Ils sont fins, l’éclairage est bon. Le jeu nous propose ensuite de traverser des environnements variés que l’on retrouve dans tout survival horror : les bois obscurs, des mines désaffectées, un phare éloigné même un ancien village abandonné. Finalement il n’y a que le camp de base qui fait un peu tâche avec… l’animation des personnages ! Sur ce point le jeu fait un peu daté avec des visages figés et un regard vitreux ou vide choisis ce que tu préfères. C’est vraiment dommage car la crédibilité des dialogues en prend un coup : dur de croire quelqu’un qui nous menace en regardant dans le vide…

The Chant
Y’a un côté RE Village non ?
The Chant

L’aspect son est assez bien fichu surtout si tu joues avec un casque Les bruits inquiétants ponctuent ton exploration et savent mettre dans l’ambiance. Le doublage des personnages est de qualité malgré un léger décalage labial et des visages totalement inexpressifs. Je dirai que le doublage arrive à créer de l’émotion dans les personnages malgré leur visuel.

The Chant
Non regarde à côté c’est mieux…

Conclusion

The Chant m’a offert une bonne expérience mais qui se révèle au final un peu courte et simple. J’ai pu retrouver les codes des survival horror old school : gestion des ressources, énigmes simples, maniabilité rigide, une ambiance qui se montre stressante au départ. Il manque cependant la difficulté et un renouvellement dans les mécaniques de jeu. Passé deux heures de jeu, The Chant peine à surprendre et on se retrouve à explorer découvrir de la doc sur un nouveau monstre combattre le nouveau monstre et passer à la zone suivante et ainsi de suite jusqu’à la fin. Certaines mécaniques sont sous exploitées comme l’arbre de compétence ou la possibilité de choisir les réponses dans les dialogues ce qui joue sur les jauges de Jess. The Chant est le premier jeu de Brass Token et on sent le potentiel du studio de développement. A voir pour leurs prochains jeux mais The Chant reste quand même un bon jeu à faire pour les fans du genre

Pour
  • Le scénario et l’ambiance
  • La réalisation plus qu’honorable
  • Le gameplay simple mais efficace
Contre
  • Trop facile
  • Trop court

Satisfaction du Piwi 68 %

Si tu veux acheter le jeu (le Piwi ne prend aucune commission car non actionnaire chez Microsoft ni Sony ni Prime Matter !) ICI PS5 ou ICI XBOX SERIES X.

  • Date de sortie : 3 novembre 2022
  • Editeur : Prime Matter
  • Développeur : Brass Token
  • Catégorie : Action / Horreur
  • Prix : 39,99 €
  • Classification : PEGI 16

Le test a été réalisé avec une version presse Xbox Series X offerte par Plaion (Merci la dream team !).

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