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Au rayon des découvertes de l’année, je peux inscrire la série The Dark Picture. J’avoue n’avoir jamais essayé un seul jeu de la licence qui a pourtant eu son petit succès et un bon accueil de la critique. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre ne me plongeant dans The Devil In Me. Je me faisais une idée d’une sorte de jeu/film interactif. Je ne suis pas fan du genre et je trouvais même cela inintéressant : se taper des pages de dialogues pour faire un choix de temps à autre sans aucun autre élément de gameplay, très peu pour moi ! Puis je me suis un peu ravisé après avoir testé Night Book qui pour le coup est un pur FMV ! N’aimant pas les livres dont vous êtes le héros, j’ai du mal à accrocher au concept lorsqu’il est posé en jeux vidéo. Mais comme il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis et que la licence The Dark Picture commence à être solide, j’ai franchi le pas.

Si tu veux savoir ce qu’est Night Book, mon avis se trouve ICI !

Venez écouter mon histoire

Un authentique tueur en série !

Avant de parler du jeu au sens strict, je tiens à apporter une petite précision. Le jeu tourne autour de l’histoire d’une tueur en série : HH Holmes. Comme je suis curieux et que j’étais bluffé par les détails apportés dans le jeu, je suis allé mener ma petite enquête et il s’avère que tout ce qui est indiqué dans le jeu est vrai. Holmes a véritablement existé et c’est bien le premier tueur en série des USA. Il a avoué 27 meurtres et, bien que seuls neuf aient été confirmés, il aurait commis deux cents meurtres, ce qui ferait de lui le plus grand tueur des USA. Il a été pendu et il avait demandé à être coulé dans le béton après sa mort ce qui lui a été accordé. Il aurait commis ses meurtres dans son hôtel surnommé depuis le château des meurtres. Le mec était un vrai malade mais intelligent genre il obligeait ses victimes à changer leur assurance vie pour qu’il en soit bénéficiaire… Son château était un véritable labyrinthe rempli de pièges mortels… Le mec avait créé un malange de Saw et The Hostel avant l’heure ! Normalement je t’ai mis dans l’ambiance !

Ais confiance…

Le jeu démarre d’ailleurs sur un prologue en 1893 avec le vrai HH Holmes qui accueille un couple venu voir l’Exposition universelle de la même année à Chicago. J’en profite pour préciser que le nombre de meurtres attribué à Holmes n’est pas certain à cause de cette expo. Beaucoup de gens sont venus sans repartir mais impossible de raccrocher leur disparition avec Holmes vu qu’il ne restait pas grand chose des victimes (il vendait les squelettes au Fac de médecine, je te dis c’est un vrai malade !). Ce prologue sert à appréhender les commandes du jeu et voir un couple mourir dans d’atroces souffrances ! Oui The Devil In Me se veut sombre et gore et le prologue ne nous prend pas en traitre !

Le destin…

The Devil in Me reprend ensuite sur une équipe de tournage de documentaires et d’émissions qui cherche désespérément le succès. Il faut dire qu’ils ont peu de moyens et l’entente au sein de l’équipe est loin d’être idéale. On a Charlie le boss dénudé de toute autorité et adepte des plans foireux, Erin l’ingé son asthmatique et qui a peur de son ombre, Jamie la rebelle qui s’occupe des lumières, Mark le caméraman qui filme avec un appareil photo et qui est incapable de s’affirmer et enfin Kate la présentatrice qui, pour moi, pète plus haut que son cul. La fine équipe travaille sur HH Holmes, le premier tueur en série des USA. Charlie est contacté par un certain Monsieur Du’Met, milliardaire et fan du tueur. Ce dernier les invite sur son île privée où il a crée une collection dédiée au tueur avec des pièces authentiques. C’est donc une véritable aubaine pour l’équipe qui fonce les yeux fermés…

The Devil In Me
The Devil In Me
Bienvenue dans Saw ou Hostel au choix

Ils font la rencontre de Du’Met qui les amène sur l’île. Normalement si les gars de l’équipe étaient bien constitués, ils auraient fait demi tour dès le premier pied posé sur la terre ferme mais comme ils sont obnubilés par le succès de leur documentaire et qu’ils sont bien cons ils avancent dans la gueule du loup et découvre la réplique exacte du château des meurtres. On alors un triptyque : île angoissante et isolée, milliardaire excentrique voir barré et réplique de la demeure d’un tueur en série… Il te faut quoi de plus pour te barrer sans demander ton reste ??? Beh non on continue dans la joie et la bonne humeur, limite on chante des chansons façon colos de vacances… L’équipe de tournage a à peine le temps de s’installer que les choses partent en cacahuète ! Je ne vais pas te spoiler le scénario mais on va dire que nos héros ne sont pas seuls et qu’un autre individu voue un culte au tueur jusqu’à vouloir tuer les personnes qu’il invite sur l’île… Il va donc falloir échapper aux griffes du tueur et si possible tout ensemble. image caméra

The Devil In Me
Observé…

The Devil In Me m’a rappelé énormément les films Saw bien que je pense qu’en fait Saw s’est inspiré du tueur Holmes et dès lors il est normal de retrouver certains codes : le fait d’être épié, les pièges qui obligent à faire des choix et qui se terminent de façon gore dans 90% des cas. Par contre c’est vraiment très long à démarrer. Il ne se passe quasiment rien au cours des deux premières heures de jeu si ce n’est le prologue qui est assez court. Je te le dis, je me suis fais chier et puis tout s’enchainent et ça va beaucoup mieux ! Au delà de la trame principale, les personnages développent des relations entre eux, relations sur lesquelles on peut influer via des choix dans les dialogues. Ces choix n’influent pas sur la survie des personnages mais donnent des scènes alternatives ce qui nécessite de refaire plusieurs fois le jeu si tu veux tout voir. Si au départ je me suis plongé dans les choix et je faisais attention à bien les peser, je me suis rendu compte que l’impact était nul sur la survie et je m’en suis un peu détaché. Et puis c’est difficile de s’attacher aux personnages vu la réalisation graphique de The Devil In Me…

The Devil In Me
The Devil In Me

Une immersion impossible

C’est le très gros défaut de The Devil In Me. C’est le défaut qui te saute aux yeux (au sens propre comme au figuré) dès les premières images du jeu. Je me suis dit non mais c’est le début ça va passer et puis non ça change pas. Puis arrive le générique, j’ai alors compris que je n’ai joué qu’au prologue et que le reste va être différent mais en fait ça ne changera pas de tout le jeu… Je veux bien sûr parler de la modélisation des visages des personnages ! Impossible de faire plus raté ! Les visages sont totalement inexpressifs, qu’elles que soient les circonstances, les personnages affichent toujours des yeux ronds sans vie. Que tu annonces la mort de ta mère ou la cascade de ton chien, le personnage fera la même tête. ça en est devenu ridicule et c’est vraiment dommage car j’ai bien accroché à l’histoire mais franchement j’ai parfois lutté sur des phases de dialogues pour ne pas lâcher le morceau !

Je suis morte de l’intérieur…
… moi aussi
C’est de la bonne…

Quand même, quand tu fais un jeu qui repose à 90% sur les phases de dialogues, tu ne peux pas te rater comme ça sur la modélisation des personnages. Cerise sur le gâteau : j’ai parfois constaté un décalage labial histoire de complètement se détacher de ce qui se dit même si c’est important. D’une manière générale, j’ai été déçu par la réalisation de The Devil In Me. Pour un jeu estampillé Bandai Namco, je m’attendais à quelque chose de bien mieux ! Franchement le niveau est celui des premiers jeux sortis sur PS4 / One rien de dingue donc ! Les animations des personnages sont très rigides, les décors sont assez fades et manquent de détails. Certains éléments ont du mal à s’afficher et on peut décomposer les couches qui le compose. ça fait vraiment tâche et bien que je ne sois pas un chantre de la réalisation graphique pour le coup c’est impossible de passer à côté.

La réalisation sonore tient la route sans pour autant être transcendante. Je dirai que le minimum syndical est respecté. Le doublage est pas mal et les musiques savent s’effacer lors des phases de tensions. En tout cas et malgré la réalisation graphique du jeu, je me suis pris dans les phases de stress à limite retenir ma respiration comme mon personnage. On reste quand même sur le minimum car quand j’ai joué au casque je me suis aperçu que la spatialisation des sons n’étaient pas faite (tu joues avec juste un côté mais tu as tous les sons). Malgré tous ces défauts, l’ambiance du jeu est bien installée et reste pesante dès que l’on sort des phases de dialogues un peu trop longues à mon goût.

Je joue quand ?

The Devil In Me n’est pas un FMV au sens strict mais il s’en rapproche énormément. L’essentiel du gameplay passe par les choix que l’on fait lors des dialogues et des QTE. Chaque choix a une conséquence plus ou moins importante sur les personnages. Cela va de la scène supplémentaire de dialogue jusqu’à la mort pure et simple de notre personnage. Bien évidemment aucun retour en arrière n’est possible puisqu’on ne peut sauvegarder comme bon nous semble et que le jeu sauvegarde juste après notre choix mais avant de voir la conséquence. Cela peut paraître frustrant lorsque l’on perd un personnage mais après avoir fait le jeu plusieurs fois le jeu et sauver tout le monde ne même temps, ce qui est une performance car les embranchements sont nombreux, je me suis aperçu qu’avant chaque choix, on a toutes les cartes en main. Parfois c’est un détail sur un plan anodin, ou une remarque dans un dialogue précédent ou même le caractère des personnages sert à faire le bon choix. Du coup la frustration s’efface car on ne peut s’en prendre qu’à nous même !

The Devil In Me
The Devil In Me

Bien sûr chaque choix doit se faire dans un temps donné et ne rien faire ne donne jamais rien de bon. Du coup c’est vrai que sur l’instant on peut zapper les détails qui commandent le choix et se planter lamentablement. C’est quand même dommage que le jeu n’offre aucun droit à l’erreur car refaire le jeu pour une connerie c’est lourd. Car il n’y a pas que les choix dans The Devil In Me. On peut également diriger nos personnages lors de courtes phases d’aventure / action. C’est l’occasion de résoudre quelques énigmes en usant des compétences ou plutôt du matériel propre à chaque personnage. Charlie peut forcer les tiroirs avec sa carte de visite, Jamie répare les disjoncteurs avec son multimètre ou encore Erin entend les sons à travers les murs via son matos (c’est d’ailleurs une de mes séquences préférées avec une bonne dose de stresse ! Ce qui est dommage c’est que ces mécaniques ne sont pas assez utilisées. Après il aurait été difficile de les justifier dans le scénario : quand Jamie a réparé le disjoncteur de la maison elle ne va pas le refaire.

The Devil In Me
Cette séquence est stressante

Ces phases d’explorations sont l’occasion de ramasser les collectibles que propose le jeu. On a des pièces que l’on peut échanger auprès du narrateur. Je n’en ai pas parlé mais c’est un personnage en dehors de l’histoire qui se décrit comme l’écrivain de l’histoire comprendre celui qui retranscrit nos choix. Il y a également de nombres documents qui donnent beaucoup d’informations sur le background du jeu mais surtout des indices utiles pour les choix ultérieurs qu’il faudra faire ! Il y a également les prémonitions qui montrent nos personnages dans un futur proche et souvent en train de mourir. Là encore c’est important de s’en souvenir le moment venu histoire de ne pas se tromper.

The Devil In Me
The Devil In Me
Les pièces servent au narrateur

Je terminerai par un point qui peut faire péter un plomb : les sortes de courses poursuites avec le tueur. On joue peu dans The Devil In Me mais quand c’est le cas, il faut être au taquet. Par moment, le tueur apparait lors de notre exploration. Il faut alors se cacher avant qu’il ne nous voit sinon c’est la mort assurée. Mais ce n’est pas tout, parfois il faudra respirer en rythme sinon le personnage se met à rire ou éternuer ou faire un bruit quelconque qui, bordel, va attirer le tueur et provoquer notre mort. C’est con mais parfois je somnolais un peu ou disons que je me laissais porter par le jeu et bam je fais pas gaffe et c’est la mort. Bon ok je suis un peu teubé sur le coup mais quand même faut prévenir !

The Devil In Me

Conclusion

The Devil In Me m’a fait l’effet Kisscool. Les premières heures de jeu ont été une véritable douche froide ! J’ai vraiment eu du mal avec la modélisation des visages lors des phases de dialogues omniprésentes. Puis j’ai déploré l’absence totale d’action de rythme avec des discussions totalement superflues et inutiles au possible. Un rythme dont le lenteur est exacerbé par la rigidité avec laquelle se déplace nos personnages. Comme le thème m’intéressait, je me suis accroché et finalement pour mon plus grand bonheur, c’est le deuxième effet ! J’ai réussi à accrocher à l’histoire jusqu’à vouloir ramener tout le monde en vie ce qui n’est pas une mince affaire ! En tout cas pour ceux qui vont y accrocher, le jeu propose une rejouabilité certaine vu le nombre d’embranchements possibles. J’aurai peut être voulu plus de choix cruciaux. En tout cas The Devil In Me a été un jeu que j’ai fait avec un certain plaisir malgré ces défauts inévitables.

Pour
  • L’ambiance pesante
  • L’inspiration des faits réels
  • Des choix toujours logiques
Contre
  • La modélisation des visages
  • Le rythme pas maitrisé
  • Le démarrage : plus long tu meurs !

Satisfaction du Piwi 60%

Si tu veux acheter le jeu (le Piwi ne prend aucune commission car non actionnaire chez Microsoft ni Sony ni Bandai Namco Entertainment !) ICI PS5 / PS4 ou ICI XBOX SERIES X / XBOX ONE.

The devil in me

  • Date de sortie : 18 novembre 2022
  • Editeur : Bandai Namco Entertainment
  • Développeur : SUPERMASSIVE GAMES
  • Catégorie : Action aventure
  • Prix : 39,99 €
  • Classification : PEGI 18

Le test a été réalisé avec une version presse digitale PS4 offerte par Lu6.1 (Merci Aurélien !)

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