Test The Procession To Calvary, la Renaissance sans dessus dessous !

On se retrouve pour un jeu 100% indé fait par 10 doigts seulement ou deux paluches pour ceux qui ont du mal à compter. Joe Richardson se trouve derrière The Procession to Calvary et la prestation n’est pas à minimiser au regard du contenu offert par le jeu. Il faut dire que le bougre n’en est pas à son premier essai puisqu’il s’agit de son troisième jeu. Joe reste dans sa zone de confort en proposant un point’n click qui repose sur un humour très Monty Python et des tableaux tirés… de tableaux de la renaissance justement. Je n’ai pas eu l’occasion de faire ses deux premiers jeux sortis uniquement sur Steam mais voilà que The Procession to Calvary débarque sur Switch qui est la console rêvée pour les point’n click en raison de son écran tactile. Autant profiter de l’occasion pour tester l’univers de notre cher Joe Richardson !

Non vous ne rêvez pas

Mais WTF ???

Le jeu tire beaucoup sur la corde Monty Python peut être un peu trop à mon goût C’est vrai le burlesque absurde a ses limites ou du moins doit être utilisé avec parcimonie au risque de devenir indigeste surtout si vous appuyez sur l’absurde. The Procession to Calvary part d’un scénario totalement ubuesque bien qu’inséré dans les faits historiques. Le jeu commence à la fin de la guerre sainte donc sur une note de paix d’ailleurs les meurtres sont dorénavant interdits. Génial vous me direz, pas tant que ça vu que notre héroïne, la Bellone de Rembrandt (oui attendez vous à refaire votre culture artistique au niveau des tableaux de la Renaissance) est une grande fan des meurtres ! C’est simple elle ne jure que par ça. La voilà bien contrariée lorsque l’archevêque lui demande de se tenir à carreau et de ranger son épée dans son fourreau. Le nouveau roi, Jean l’Immortel, a expressément ordonné la fin des meurtres. La donzelle va donc voir le nouveau patron et trouve un second sens aux mots du roi pour s’inventer une nouvelle mission, tuer l’ancien roi, Pierre le Divin. Il est donc temps de traverser le royaume vers le sud pour aller couper la tête du vaincu…

La Bellone marche sur les cadavres…
… et assassiner et sa grande passion !

Le scénario se suit très bien au cours des trois heures qu’il faut pour terminer le jeu (si vous êtes bon en point’n click et je ne vous parle pas d’avoir la bonne fin…). Notre périple va nous conduire à croiser des personnages plus ou moins connus comme Jésus au cours la Cène (je vous ai prévenu au niveau de la remise à niveau de votre culture générale) ou un évêque friand de jeunes garçons aux joues roses et aux fesses rebondies… Oui le jeu va très loin au niveau de l’humour et fleurte avec les limites de la décence ou de la mal aisance… Le dialogue avec l’évêque en est le parfait exemple, il faut lui ramener des pierres précieuses et un petit enfant, on peut insister sur le pourquoi du petit enfant et l’évêque élude la question mais la référence n’échappera à personne ! Tous les dialogues et les situations commencent ou finissent dans l’absurde comme Jésus qui est présenté comme un magicien de rue capable de tours comme marcher sur l’eau ou multiplier les pains… C’est plaisant au départ mais fatiguant vu que c’est toujours la même ficelle qui est utilisée. Après le jeu et plus précisément les dialogues sont très bien écrits et ils ne manqueront pas de vous tirer un fou rire même après deux bonne heures de jeu.

Je ne suis pourtant pas en Belgique…
Voilà !

Une réalisation digne du Louvre !

La marque de fabrique de The Procession to Calvary et de Joe Richardson, au delà de l’humour Monty Python, c’est la réalisation graphique basée sur des tableaux, au sens propre du terme, de la Renaissance. On a des tableaux connus de tous et on a également des oeuvres un peu plus obscures pour peu que l’on ignore l’école des peintres flamands. Franchement, le jeu peut vous faire sentir comme une merde lorsque l’on arrive pas à resituer trois écrans d’affilés, on se dit très vite « Putain mais je ne sais rien ! ». En tout cas, notre cher Joe est sacrément bon puisqu’il va mélanger des éléments d’une œuvre pour les insérer dans une autre ou intégrer ses propres éléments utiles à la résolution des énigmes. C’est assez bluffant et ça fonctionne puisque l’on passe d’un écran à l’autre de manière cohérente bien que souvent grotesque… J’ai eu un peu de mal avec les animations des personnages mais c’est quelque chose de personnel qui remonte à l’enfance : ça me fait flipper de voir les visages des personnages peints animés en deux phases du style bouche fermée bouche ouverte.

Les tableaux sont beaux
Et bien repris
mais que font les deux à gauche…

Le jeu ne se repose pas uniquement sur les tableaux de la Renaissance et l’aspect sonore n’est pas en reste. Si aucun personnage n’est doublé, tous les dialogues sont à lire, on a dans chaque tableau des musiciens que l’on peut d’ailleurs féliciter à chaque fois. Les musiciens jouent, bien évidemment, du Bach, du Wagner c’est donc un plaisir pour les oreilles même si toutes les musiques sont reprises avec des instruments d’époque, on reste donc dans l’authenticité.

Les musiciens mettent l’ambiance
Il y a de quoi faire des suites…

Un gameplay très classique !

Avec une réalisation graphique de grande qualité et des dialogues écrits avec beaucoup de soin et d’intelligence, on peut se demander si le gameplay ne passe pas au second plan. Je vous avoue que régulièrement c’est la sensation que j’ai eu manette en main durant la première moitié du jeu. Le jeu est très simple et se complexifie légèrement passé la moitié du jeu. Rien de dingue, tout repose sur le sens de l’observation, ramasser des objets, éventuellement les combiner pour les utiliser plus loin ou les donner au PNJ adéquat. C’est donc du grand classique et le jeu n’est pas difficile pour peu que vous soyez un poil rigoureux dans votre exploration. Les énigmes sont relativement compréhensibles. Je dis relativement car certaines ont eu de quoi me faire arracher les cheveux ! La fille a la boucle d’oreille est accessible très vite, elle est impossible à manquer, elle parle de manière énigmatique, on sait qu’il faut faire un truc avec mais avant d’y arriver… Le jeu a le don de parfois nous faire tourner en rond pour rien alors que la solution est là sous nos yeux ! Une nouvelle fois, un bon sens de l’observation et une lecture attentive des dialogues permet de comprendre toutes les énigmes que l’on a à affronter. Pour ce qui est de la maniabilité, je suis déçu que les fonctionnalités de la Switch ne soient pas prises en charge. L’écran tactile n’est pas utilisé ce qui oblige à la navigation avec le stick et donc une maniabilité loin d’être précise.

Bon là ce n’est pas très utile !
Rock’n roll !

Conclusion

The Procession to Calvary est une bon point’n click qui offre une bonne expérience de jeu. Je ne vous cache pas que l’essentiel passe par les tableaux magnifiques repris par Joe Richardson qui y a ajouté une touche de Monty Python. Que j’aime ou pas, là n’est pas la question et je reconnais que l’ensemble est fait avec goût et beaucoup de créativité que ce soit dans l’écriture ou dans le visuel. J’ajoute que le passage à la Switch ajoute le français aux langues du jeu ce qui rend l’expérience encore plus compréhensible et comique ! Je reste un peu sur ma faim au niveau du gameplay somme toute très basique et qui donne un jeu un peu court.

Positif

  • Des tableaux très réussis
  • Un poin’n click classique
  • L’ambiance décalée et cohérente

Négatif 

  • Un peu court
  • L’humour un peu lourd et répétitif

Satisfaction du Piwi 60 %

Si tu veux acheter le jeu (le Piwi ne prend aucune commission car non actionnaire chez Microsoft ni Nintendo ni Digerati !) ICI SWITCH ou ICI XBOX ONE.

  • Date de sortie : 1 juillet 2021
  • Editeur : Digerati
  • Développeur : Joe Richardson
  • Catégorie : Point’n click
  • Prix : 14,99 €
  • Classification : PEGI 18

Le test a été réalisé avec une version presse digitale Nintendo Switch offerte par Digerati (Merci Mike !).



Catégories :Tests

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