Test Lost In Random, pair ou impair ?

Tout le monde connaît Tim Burton que l’on crie au génie (pour la majorité) ou à l’arnaque pour certains irréductibles. Les plus vieux se souviendront notamment d’Edward aux mains d’argent ou L’Étrange Noël de monsieur Jack et les plus jeunes se rapporteront à Alice au pays des merveilles ou Alice de l’autre côté du miroir. Tim Burton se caractérise par son univers qui mêle humour noir et macabre dans un univers fantastique peuplé de monstres plus ou moins gentils. Tim Burton c’est aussi une capacité à conter une histoire sans égal. Les gars de Zoink ont sérieusement lorgné du côté de notre cher Tim pour développer Lost In Random. Après un excellent Fe en low poly changement radical de décor (mais pas forcément d’ambiance) avec Lost in Random qui s’intéresse aux liens qui unissent deux sœurs mais pas que… Si vous voulez en savoir plus, il va falloir lire le test (oui je sais c’est chiant…)

Une aventure commence…

Les deux font la paire

Lost in Random est un jeu exclusivement solo et qui attache une grande importance à son scénario et à l’univers qu’il nous dépeint et force est de constater que c’est très réussi. On incarne Paire qui vit avec sa grande sœur Impaire à Unibourg un des mondes qui compose le Royaume d’Aléa. Ce royaume est dirigé par une vilaine reine qui oblige chaque habitant à lancer un dé magique lorsqu’il atteint l’âge de 12 ans et qui va définir le monde dans lequel il vivra durant le reste de ses jours. Il faut savoir qu’avant l’arrivée de la reine, le royaume d’Aléa était régi par le hasard et des dés magiques qui ont tous été bannis par la reine. Le jeu démarre, le jour où Impaire a 12 ans et doit lancer le fameux dé et la veinarde fait un 6 (le meilleur résultat quoi) et gagne le droit de vivre aux côtés de la reine à Sixtopie. Elle est donc séparée de sa sœur. Quelques temps plus tard, Paire voit un fantôme flottait dans les airs et décide de le suivre persuadée que celui-ci va la mener à sa sœur. Après quelques pérégrinations et elle va raviver un dé qui s’exprime un peu comme le diable de Tasmanie. On va donc découvrir que le dé, qui s’appelle Décisse, est relié à elle et qu’il est OK pour l’aide à trouver sa sœur. Notre duo est donc parti pour une longue aventure qui va leur faire traverser l’intégralité du Royaume d’Aléa : Unibourg, Doubleville, Troyaume, Quartebourg, Quintopolis et Sixtopie.

Qui me suit ?

L’histoire est incroyablement bien racontée et c’est un délice de suivre l’évolution de Paire au milieu d’Aléa. Au delà d’une banale histoire de sœurs, Lost in Random s’intéresse au passage à l’âge adulte et à la difficulté de vivre dans un monde régi par le seul hasard, en apparence… C’est bien construit et ne tombe pas dans le patos ou le cliché. Si au départ Paire part à la recherche de sa sœur, très vite le jeu s’oriente vers la quête de soi, la construction de la personnalité et la place que l’on tiendra dans la société. Le jeu nous laisse d’ailleurs beaucoup de choix de réponses dans les dialogues. On peut être gentil et bienveillant ou rustre et renfermé ce qui modifie une partie des dialogues avec les PNJ.

Certains personnages sont… effrayants !!!

L’évolution de Paire passe également par sa relation avec Décisse. Les deux êtres se découvrent au fil de l’aventure et si l’on ne comprend pas un traitre mot de ce que dit le dé, les répliques de Paire nous aident à coubler ces trous. Les PNJ que l’on croise sont nombreux et ont tous une histoire propre qui est plus ou moins (enfin surtout moins) joyeuse. A chaque fois ce sont des personnages que l’on penserait tout droit sorti de l’esprit barré de Tim Burton, j’ai adoré le maire ou plutôt Eriam qui est un fan de poésie et qui est totalement dingue. Cela ajoute du background au jeu qui est déjà bien fourni en la matière. Chaque monde a ses règles avec ses personnages aux personnalités bien affirmées et découlant des règles du monde. J’ai adoré les mondes de Doubleville et de Quartebourg, le premier avec ses personnages qui ont tous un pendant inversé et le second qui est le paradis de tous les mafieux. S’il s’agit de mes deux quartiers préférés les autres en sont pas en reste et Lost in Random réussit à nous faire voyager de découverte en découverte.

Eriam le poète est excellent

Une inspiration desservie par la réalisation

L’excellente narration est appuyée par un DA très inspirée et qui arrive à se renouveler. Les mondes que l’on traverse ont chacun une ambiance et un environnement qui leur est propre et ils ont tous un fil rouge qui est le thème de la destruction et de la désolation et notre passage ne changera rien à cet état. Comme j’ai pu le dire au sujet des PNJ, l’univers semble tout droit sorti de l’esprit de Tim Burton. La palette de couleurs utilisées tire vers le sombre avec beaucoup de nuance de noir, de gris, de bleu nuit. On est ainsi surpris lorsque l’on a droit à un rayon de lumière ou un personnage coloré comme le vendeur de cartes. Les environnements sont détaillés même si ils se révèlent assez restreint à explorer. Les développeurs ont quand même bien pensé l’ensemble des mondes afin de nous donner un ensemble cohérent et inspiré le problème c’est que les idées ne sont pas aidées par la réalisation. J’ai fait le test sur Nintendo Switch et que ce soit en mode docké ou portable, les graphismes ne sont pas fameux… Difficile de le reprocher aux développeurs vu les limites de la machine et je me doute que le jeu doit être bien plus beau sur PC ou sur les autres consoles de salon… Sur Switch, on est confronté aux limites d’affichage de la console et des paysages qui pourraient être magnifiques sont finalement pris dans un brouillard des plus pénible.

Dommage que l’affichage galère

En plus de ces problèmes d’affichages, je dois reconnaître que les textures sont un peu baveuses par endroit et l’animation des personnages date un peu. En parlant d’animation de personnages datées c’est dommage que l’on ait un décalage labial lors des phases de dialogues car tous les PNJ sont doublés et très bien doublés ! La réalisation pêche uniquement sur le visuel car niveau son c’est du tout bon. Les musiques sont totalement raccords avec l’aventure de Paire avec des mélodies lentes et tristes. Les doublages ajoutent un plus aux personnages en leur donnant du charisme et une personnalité qui passe par leur intonation. C’est là encore une grande réussite !

ça bave un peu…
… et pourtant c’est beau !

Il n’y a pas de place pour le hasard !

Au niveau du gameplay, la progression dans Lost in Random se fait sans peine. J’ai eu la désagréable sensation de parcourir des couloirs malgré des décors qui laissent présager de la liberté. L’avancée est très linéaire : on avance toujours tout droit vers l’avant sans retour en arrière. La trame principale tient sur la longueur puisqu’il faut une bonne douzaine d’heure pour toucher la fin. On peut rajouter deux trois heures de plus si vous effectuez toutes les quêtes annexes et que vous souhaitez rassembler toutes les cartes cachées ainsi que les pages du livre qui racontent l’histoire du royaume d’Aléa. C’est pas mal même si les quêtes secondaires sont assez redondantes puisqu’il faut simplement chercher des collectibles pour un PNJ ou apporter un objet d’un PNJ à un autre. Ce n’est donc pas très recherché et, une nouvelle fois, pour le background des personnages que l’on effectue ces quêtes. C’est surtout lors de ces quêtes que l’on pourra faire un peu de backtracking (rien de dingue ne vous inquiétez pas !) et explorer dans les moindres recoins chaque monde qui compose le royaume.

Les collectibles sont bien cachés pour certains

Les combats sont assez intéressants dans leur construction. Oui il y a des combats, car pour progresser, Paire et Décisse devront se défaire des sbires envoyés par la reine et des boss qui clôturent chaque monde. Les combats impliquent l’usage de Décisse car Paire seule n’a aucune force ni pouvoir en revanche Décisse peut faire apparaître ce que vous voulez ou plutôt ce qui se trouve sur vos cartes. Lors de votre progression, vous allez trouver ou acheter des cartes. Vous allez pouvoir composer votre deck avec 15 cartes. Lorsqu’un combat commence, Paire n’a que sa fronde et le but et de l’utiliser pour casser les cristaux qui sont sur les ennemis. Ces cristaux activent Décisse que vous pouvez lancer. En fonction de la face sur laquelle tombe Décisse cela vous donne un nombre de points qui vous permettent de jouer vos cartes (chaque carte nécessite un nombre de point précis), le jeu est alors en pause. Vous pourrez ainsi vous faire une épée pour frapper les ennemis, faire apparaître une main géante qui fait du dégât, boire une potion de vie, envoyer une malédiction ou un piège sur les ennemis, faire apparaître une bombe… Toutes ces cartes permettent de faire du dégât aux ennemis et ainsi s’en débarrasser. Il y a pas mal de possibilités mais beaucoup de cartes se révèlent inutiles en combat. Très vite on tourne autour du même deck composé d’épées, de potions et de trois sorts. C’est dommage et j’ai eu l’impression que les développeurs avaient manqué d’idées pour étoffer leur jeu (facile la blague).

Hop pause !
Beaucoup de cartes sont inutiles

C’est donc très malin et cohérent de proposer des combats qui reposent sur l’aléa… Ce qui est dommage c’est que Décisse est limitée puisqu’il lui manque des points sur ses faces. Ainsi il est impossible de faire des trois, quatre, cinq ou six sans avoir fait le monde idoine. Les combats sont donc limités une grande partie du jeu et ne prennent de l’ampleur que dans le dernier tiers. Si le système de combat est donc original, il manque de profondeur pour le rendre au top. De plus les combats se déroulent dans des arènes assez petites et sans véritablement de level design qui viendrait modifier la donne. On a donc le sentiment de tourner en rond. Surtout que les ennemis ne varient pas beaucoup eux aussi… Des chevaliers qui ne changent que par leur équipement : une épée, un bouclier avec une lance, une masse, un fusil ; des bernard-l’hermite au sol et d’autres qui volent… C’est vraiment maigre et j’aurai aimé voir un bestiaire aussi étoffé que l’univers et les PNJ !

Les ennemis peinent à se renouveler

Pour pallier ce problème les développeurs ont ajouté une variante qui reprend le concept du jeu de l’oie. On a une pièce que l’on fait progresser à chaque coup de dès avec des vagues d’ennemis en continu. Bien sur comme le jeu de l’oie, certaines cases sur lesquelles on tombe on un effet particulier : apparition d’un ennemi qui bloque la pièce, de pièges ou encore d’oiseaux qui larguent des trésors ou pire des bombes ! C’est pas mal mais là encore ça manque de profondeur, la liste de cases que j’ai cité est quasi complète… L’ensemble me fait dire que l’histoire et sa narrations ont été beaucoup plus importantes pour les développeurs que le gameplay au sens strict du terme. J’en suis d’autant plus convaincu que j’arrive à la fin du test et je ne vous ai pas parlé des rares énigmes ou puzzles que vous allez rencontrer sur votre route et qui nécessitent l’usage de Décisse pour activer des interrupteurs. Et pour cause, ces phases sont peu nombreuses et totalement anecdotiques !

Le jeu de l’oie reste trop simple

Conclusion

J’ai été totalement conquis par Lost in Random sur les premières heures de jeu : un univers riche et profond, une narration impeccable et pourtant au fil de ma progression, j’ai un petit sentiment de répétitivité qui est apparu, limite de l’ennui en raison du rythme assez lent du jeu et d’un gameplay original mais pas assez poussé et développé. Il n’en demeure pas moins que Lost in Random reste un très bon jeu au tarif qu’il est proposé et il est évident que s’il avait été plus cher on aurait plus de profondeur dans le gameplay (mais si restons positif). Je ne peux que vous recommander d’essayer ce petit bijou de narration en revanche privilégiez une version sur Xbox ou Play car la Switch peine un peu…

Positif

  • Une histoire et une narration au top
  • DA exceptionnelle
  • Le système de combat avec le dé et les cartes
  • Les doublages des personnages

Négatif 

  • La qualité graphique
  • Peu de libertés au final

Satisfaction du Piwi 70 %

Si tu veux acheter le jeu (le Piwi ne prend aucune commission car non actionnaire chez Microsoft ni Sony ni Nintendo ni EA !) ICI PS5/PS4 ou ICI SWITCH ou ICI XBOXSERIESX / XBOX ONE.

  • Date de sortie : 10 septembre 2021
  • Editeur : Electronic Arts
  • Développeur : Zoink/Thunderful
  • Catégorie : Action aventure
  • Prix : 29,99 €
  • Classification : PEGI 12

Le test a été réalisé avec une version presse digitale Nintendo Switch offerte par Reset PR (Merci Elodie!).



Catégories :Tests

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