Test Twin Mirror, l’inspecteur Derrick n’a qu’à bien se tenir…

DONTNOD revient avec un jeu développé par lui-même et nouveauté : en autoédition à savoir Twin Mirror. Après Tell Me Why, Life is Strange 1 et 2, les français nous proposent un nouveau jeu narratif qui s’oriente cette fois-ci vers le thriller. Le jeu a connu un développement chaotique avec un report, un changement de moteur graphique mais il est enfin arrivé avant les fêtes de Noël. Vous commencez à le savoir, je ne suis pas forcément fan des jeux narratifs, ces jeux dans lesquels on est plus spectateur qu’acteur mais d’un autre côté j’ai été fan de Life is Strange, car il faut reconnaître aux développeurs l’art de nous plonger dans une histoire profonde en y ajoutant des mécaniques de gameplay qui permettent d’intéresser un peu plus le joueur. Il est donc temps de partir au fin fond de la Virginie Occidentale et de découvrir tous les secrets de Baswood !

Une enquête pour le Piwi ça !

Nick, Sam, son double et les autres

Le jeu lancé, je suis directement mis aux commandes de Sam, un gars qui ne va pas très bien vu le nombre de psychotropes qu’il prend. Bref celui-ci est en voiture et se dirige vers Baswood. Une petite halte nous permet de savoir que Sam aurait quitté la ville deux ans plus tôt suite à une rupture avec une dénommée Anna et qu’il y revient car son meilleur ami, Nick, est décédé dans un accident de voiture. On n’a donc que très peu d’informations ce qui n’aide pas forcément pour s’accrocher au personnage. Je comprends que le jeu soit une vaste enquête mais il faut quand même poser des bases afin que le joueur n’ait pas l’impression d’être jeté en peine mer et de devoir enquêter perpétuellement pour connaître la base de son parcours. Bref on continue et on arrive à la veillée funèbre où l’on rencontre une bonne partie des personnages principaux : Joan, la fille de Nick, Anna, Declan, l’officier de police ou Dennis qui ne fera pas long feu… On fait surtout la connaissance de l’alter égo de Sam qui est en quelque sorte son inconscient et qui va nous aiguiller tout au long de l’aventure. Cet alter égo permet de faire le lien entre le passé et le présent de Sam et intervient lorsqu’il s’agit de prendre une décision en donnant son avis… C’est également l’occasion d’apprendre que la ville entière nous déteste en raison d’un article que l’on a fait il y a deux ans et qui a conduit à la fermeture de la mine alors que la ville est une ville minière comprendre notre article a foutu tout le monde au chômage et a ruiné la ville…

On sent l’Amérique profonde !
Même la police ne nous aime pas…
Notre alter égo toujours de bon conseil

Le jeu ne démarre réellement qu’après cette veillée. Sam se réveille à l’hôtel avec une gueule de bois d’anthologie et plus problématique sa chemise recouverte de sang. Bref c’est la merde mais comme vous êtes un journaliste de talent, vous décidez de rester pour élucider ce mystère d’autant que la mort de votre meilleur ami, lui aussi journaliste, comporte de nombreuses zones d’ombres… Je ne vais vous spoiler le scénario même si vous vous doutez que l’on n’enquête pas sur un « simple » meurtre, il y a quelque chose derrière. Le scénario est sympathique quoique convenu mais surtout trèèèèèès lent ! Vraiment j’ai, parfois, eu l’impression d’être devant un épisode de l’inspecteur Derrick (pour les plus jeunes, c’est une ancienne série allemande qui proposait de suivre les enquêtes dudit inspecteur, mais c’était tellement mou que généralement le marchand de sable venait vous chercher passés les 10 premières minutes. Le rythme est incroyablement lent et on est obligé de se taper une quantité de dialogues insipides et sans saveur ! Je n’exagère rien, votre alter égo lui-même vous le dit au cours d’un monologue d’un PNJ… La réalisation du titre est de qualité mais les visages des personnages sont vraiment peu expressifs ce qui rend les dialogues encore plus quelconques. Les personnages sont doublés et bien doublés mais une nouvelle fois, beaucoup de dialogues sont dignes d’un encéphalogramme plat donc ne vous attendez pas à vous réveiller de votre torpeur.

Zzzzz…
On est d’accord !

L’autre problème de Twin Mirror est la narration. Dontnod nous a habitué à bien mieux notamment avec Life is Strange. Comme je l’ai dit, le jeu nous balance sur Sam sans une bribe d’introduction et il en sera de même pour chaque PNJ que l’on va rencontrer. Il sera donc très difficile de montrer un quelconque attachement ou même intérêt à ces rencontres et pourtant les personnages ont tous une histoire et un lien avec le héros mais ça ne colle pas… Autre chose qui fait capoter la narration, les flashbacks intempestifs qui nous permettent enfin de comprendre certains aspects de Sam. C’est con mais d’une part, le flashback intervient dans des moments clés de notre enquête au présent ce qui nous casse dans notre lancée et d’autre part, j’ai toujours eu l’impression que le flashback aurait dû intervenir avant ce qui aurait permis de ne pas laisser le joueur dans le flou total trop longtemps… Au final Twin Mirror nous laisse entre platitude et défaut de timing ce qui impacte énormément le rythme du jeu et le rend soporifique…

Un peu d’action merde !
Ces flashbacks…
Il y a de quoi faire !

Un enquêteur sans liberté…

Twin Mirror est avant tout un jeu narratif. Nous sommes donc face à un scénario qu’il va falloir suivre et qui va se modifier en fonction de nos choix, un peu comme dans les livres « dont vous êtes le héros ». Je vais être franc, nos choix, exceptés 5, ne changent pas radicalement le court du jeu. Généralement, ils modifient les quelques lignes de dialogues qui suivent ou la petite cut scene qui conclut le dialogue. On a des choix à faire au cours des dialogues mais également des choix à faire sur nos actions. Si pour le premier, on a une liberté totale, pour les choix de nos actions, notre alter égo intervient et nous donne son avis sur le bon choix et attention spoiler, il ne se trompe jamais ! C’est dommage et ça enlève de l’intérêt au jeu vu que ce sont ces choix qui modifient la suite de notre aventure (sauf quelques réponses dans les dialogues du dernier tiers du jeu). Après avoir fait le jeu plusieurs fois, vu qu’il n’est pas très long puisqu’il se fait en moins de 5 heures, j’ai réussi à trouver trois fins différentes : une bonne, une mauvaise et une moyenne qui change de la mauvaise que par un élément… Là encore les possibilités se trouvent réduites et vu la mollesse du jeu, il vous faudra beaucoup de courage pour vous le refaire plusieurs fois ! Le jeu propose quand même un menu de statistiques qui nous indique nos choix et ceux fait par les autres joueurs. Ce menu permet de ne pas se tromper dans un new game + si on veut découvrir une autre fin.

Les choix sont partout
Même pour envoyer un SMS
Ceux là sont les plus importants
Les stats sont utiles

A côté de ces choix dans les dialogues vous avez quand même une enquête à mener. Vos recherches sont facilitées par votre capacité à repérer les indices, une fois que vous avez récupérer tous les indices, vous pouvez entrer dans le palais de la mémoire qui va vous permettre de reconstituer la scène. C’est assez bien fichu, y compris le palais de la mémoire avec cet effet de décontruction en pixel qui nous fait bien comprendre que l’on est dans notre subconscient. Le concept est original et il aurait pu être fun si le jeu nous avait offert un tantinet plus de liberté… Il est impossible d’accéder au palais de la mémoire sans avoir récolté tous les indices même si la scène paraît évidente à reconstituer. C’est ainsi que sur une scène j’ai passé une plombe à chercher un indice sur un panneau qui se révèle totalement inutile dans la reconstitution de la scène que j’avais pigé !

La récolte d’indices…
… longue et fastidieuse
Le palais de la mémoire est vraiment bien fait
C’est un peu évident…

D’une manière générale, le jeu est ultra scripté et vous êtes obligé d’activer tous les triggers pour pouvoir progresser. Je comprends qu’un jeu narratif nous bloque sur des rails mais quand même ! Parler avec le mec qui nettoie la statue de la ville pour ainsi débloquer un appel qui vous indique que votre rendez-vous vous attend on est à la limite de la caricature. Que des dialogues soient indispensables pour la compréhension du scénario et donc le déblocage de la situation je le comprends mais il nous arrive d’être obligé de parler à un personnage pour connaître son histoire personnelle sans que l’on revoie cette personne ! Cette obligation rend le rythme du jeu encore plus lent surtout que notre Sam se traîne comme un vieillard même en le faisant « marcher plus vite » (oui c’est le terme dans les options, le jeu ne parle même pas de courir). L’ensemble m’a rappelé l’inspecteur Derrick : doucement le matin et pas trop vite le soir… Une nouvelle fois si vous voulez débloquer tous les succès, il faudra refaire le jeu plusieurs fois et donc beaucoup de courage, de patience et surtout des vitamines pour rester éveillé…

On a des moments de stress quand même
Assez psycho…
Heureusement il y a Pac man !

Conclusion

DONTNOD a voulu revenir aux bases qui ont fait son succès mais a, semble-t-il, oublié quelques ingrédients ou alors les frenchies n’ont pas remarqué que leur recette n’était pas totalement transposable à un thriller… Oublié la trilogie Hannibal Lecter et dites bonjour à l’inspecteur Derrick ou à Renard (un homologue lui aussi allemand)… Le scénario propose peu de reliefs et peine à se dérouler. La faute à un gameplay très restrictif et à l’absence de liberté offerte aux joueurs pour progresser au rythme que l’on souhaite. Si, pour une fois, DONTNOD nous offre un jeu complet et non pas un simple épisode, le résultat final est plus que mitigé, j’ai même eu l’impression que nos petits coqs se sont pressés à sortir leur opus quitte à le bâcler…

Positif

  • Une bonne réalisation
  • Un système d’enquête original

Négatif 

  • Manque de liberté
  • Court
  • un scénario mal présenté et manquant de relief

Satisfaction du Piwi 60 %

Si tu veux acheter le jeu (le Piwi ne prend aucune commission car non actionnaire chez Sony ni Microsoft ni Dontnod !) ICI PS4 ou ICI XBOX ONE.

  • Date de sortie : 30 novembre 2020
  • Editeur : DONTNOD
  • Développeur : DONTNOD
  • Catégorie : Action / Aventure
  • Prix : 29,99 €
  • Classification : PEGI 16

Le test a été réalisé avec une version presse PS4 offerte par Reset PR (Merci Audrey !).



Catégories :Tests

Tags:, , , , , , , , ,

1 réponse

Rétroliens

  1. Le vinyle de la bande-son originale de Twin Mirror est désormais disponible en précommande ! – Piwigaming

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :