Test Yakuza, un virage à 180°mais toujours aussi bon !

Quand tu as une licence depuis 15 ans et que tu as déjà sorti plus d’une dizaine d’opus, on va dire que tu te plais à rester dans une zone de confort quitte à faire ronronner la série tant qu’elle se vend… Yakuza c’est quand même 12 millions d’exemplaires vendus depuis 2005, une renommée qui n’est plus à faire et qui réussit à chaque fois, à séduire un public dit mature. On va alors dire que le seul danger, c’est le virage des nouvelles consoles qu’il vaut mieux ne pas rater sous peine de prendre du retard par rapport à la concurrence voir même de disparaître. Voilà que les gars de Ryu Ga Gotoku Studio ont pris le pari totalement dingue de revoir de A à Z la recette de leur succès. Après avoir exploré dans les moindre recoins le genre beat’em all, voila que nos japonais se lancent dans le RPG ! Si ce n’est pas un virage à 180° moi je ne sais comment expliquer ce changement. Mais SEGA et Ryu Ga Gotoku Studio vont jusqu’au bout de leurs idées en amenant un nouveau personnage, un nouvel environnement bref que du neuf pour une serie veille de presque deux décennies. Judicieux ou suicidaire ? Je vous dis tout après avoir grimpé les échelons au sein des Yakuzas.

Mais non !!!

Yakuza step by step

La première innovation de ce Like a Dragon est de nous proposer de jouer un nouveau personnage : Ichiban Kasuga. Bon le personnage est attachant mais il reste au fond un looser de seconde zone qui ne doit sa place au sein des Yakuzas qu’à la bonté Masumi Arakawa qui dirige la famille du même nom appartenant au clan Tojo. En fait le patriarche l’a receuilli alors que le petit Ichiban était né dans un salon de massage sans père ni mère. La petite frappe que l’on incarne cherche à gravir les échelons en accomplissant les missions de bas étage que lui confient les capitaines (qui ne le supporte pas au passage) mais à sa manière, quand dès le début, on perçoit vite qu’Ichiban a un bon fond, ça reste un Yakuza quand même ! Bref le soir du nouvel an 2020, un Yakuza d’un autre clan se fait buter par un capitaine de la famille Arakawa. Le patriarche nous convoque et nous demande d’endosser le meurtre et d’être banni du clan pour cette action. Bien évidemment le vieux nous promet de faire révoquer notre punition et venir nous chercher à notre sortie de prison. On est d’accord pour dire qu’Ichiban est un sacré con pour accepter un truc pareil, mais le lien qu’il a avec le chef le rend totalement débile. Devinez quoi ? Après 18 ans de prison, personne ne vous attend à la sortie excepté un flic à un an de la retraite et affecté au service des immatriculations, Koichi Adachi… Pire vous découvrez que votre mentor a trahi le clan Tojo pour rejoindre l’alliance Omi et lorsque vous le rencontrez pour demander des comptes celui-ci ne trouve rien de mieux que vous flinguer et vous laisser pour mort ! Alors tu as kiffé perdre 20 ans de ta vie pour un traitre ? Bienvenue dans Yakuza Like a Dragon !

Ca te dit de faire 20 piges pour moi ?
Merci !

Bref je vous raconte tout ça mais ce n’est que l’introduction du jeu qui vous prendra tout de même 2 bonne heures ! Une fois laissé pour mort vous vous réveillez en ville mais oubliez Tokyo et Osaka et découvrez Yokohama et son quartier : Isezaki Ijincho. C’est ici que vous passerez les ¾ de l’aventure. Et après la prison vous êtes… dans un camp de clodo où vous faites la connaissance Yu Nanba, un ancien infirmier qui vous a trouvé et sauvé la vie. Il va donc falloir gravir les échelons en partant de la base et quand je dis de la base c’est au sens le plus strict ! Vos premières missions consisteront à chercher des pièces sous les distributeurs et ramasser des canettes. Il va donc falloir vous trouver un toit, un véhicule et même une entreprise (oui j’y reviendrai) pour retrouver votre ancien chef et régler vos comptes. Je ne vais pas vous en dire plus sur le scénario car Like a Dragon, à l’instar de n’importe quel épisode de la série, nous propose un scénario assez riche avec de très nombreux personnages secondaires. La force des Yakuza est de proposer moultes phases de dialogues et de cinématiques avec de nombreux twists. Je ne vais pas vous cacher que pour moi, c’est un peu trop… Comme pour FF7 Remake, j’ai pété un câble à voir les cinématiques s’enchainer sans pouvoir jouer ! Je n’exagère pas, je me suis pris au jeu et j’ai réussi à compter entre deux combats 12 cinématiques/phases de dialogue pour une durée de 23 minutes !!! C’est beaucoup trop je comprends que les développeurs veulent faire un scénario profond et développer les caractères des personnages et les liens qui les unissent mais je pense qu’il faut savoir doser l’équilibre !

On croise de sacrés personnages
Certaines scènes sont un peu « what the fuck »

Un Dragon Engine qui souffle le chaud et le froid

Bon passé le jeu de mot un peu facile, on peut parler de la réalisation technique du jeu. J’ai effectué le test sur Xbox One X. Le jeu est développé avec le moteur Dragon Engine. Dans l’ensemble le jeu est beau. Yokohama est assez riche et c’est un plaisir de parcourir le vaste quartier qui s’offre à nous de jour comme de nuit (j’ai quand même une préférence pour les quartiers animés de nuit qui regorgent de lumières qui flattent la rétine). Les rues sont bien animées avec beaucoup de PNJ présents, des voitures qui circulent bien (et qui peuvent vous renverser si vous courrez comme un zozo au milieu de la route) et l’affichage est correct au regard du nombre d’éléments présent à l’écran. Les cinématiques sont pour certaines magnifiques et je pense à des combats qui rappellent indéniablement les grands films de kung fu étant précisé que certains personnages sont incarnés par des acteurs connus du cinéma asiatique (j’ai eu effectivement l’impression de voir des têtes connues). Les combats sont fluides et bien lisibles alors que le jeu, une nouvelle fois, ne lésine pas sur les effets visuels et les cut scenes des coups spéciaux. L’aspect sonore est également de très bonne facture avec des doublages de qualité et qui correspondent bien aux caractères des personnages. On ne peut que saluer le travail accompli par les développeurs au regard du nombre de personnages et de scènes à doubler.

C’est très propre
Et toujours vivant
Les cinématiques claquent !
Même les cut scenes des combats !

Passés les compliments, on s’aperçoit que le moteur graphique est un petit peu en fin de vie. Si les décors sont beaux j’ai néanmoins regretté un côté « cheap ». Le jeu pourrait avoir la qualité d’un AAA mais il y a des aspects qui lui interdisent l’accès. Je pense à des textures pas forcément léchées et que dire des chevelures des personnages, héro compris… Les PNJ qui se ressemblent quasiment tous se baladent sans but et effectuent les mêmes rondes. Il arrive également que l’on se retrouve sur une grande avenue avec peu de personnes autours parce que le jeu n’a pas eu le temps de charger l’intégralité de l’environnement. En parlant de chargement, la quantité impressionnantes de cinématiques et de cut scènes nous imposent de trop grand nombre de chargement qui peuvent, de surcroit, être longs ! J’ai également pu constater quelques ralentissements ou des freezes d’une ou deux secondes lorsque l’on arrive à un point de rendez vous ou lorsque l’on entre dans un bâtiment. Ces ralentissements apparaissent également lorsque l’on court dans la rue, l’animation d’Ichiban n’est pas forcément très fluide et je vous invite à oublier les déplacements façon Assassins Creed… A chaque collision avec un élément de décor ou un PNJ, on a (parfois) droit à une animation par forcément raccord… Tous ces petits détails empêchent d’être totalement subjugué par l’aspect graphique du jeu.

Mais où sont les gens ?
En parlant de soucis de collision
Hop placement de produit quand tu nous tiens

Le jeu d’une vie !

Yakuza Like a Dragon laisse donc de côté le beat’em all pour passer à 100% en mode RPG et des combats au tour par tour. C’est un sacré virage et plutôt bien pris. Les combats au tour au tour ne sont pas classiques et proposent du dynamisme avec des personnages en déplacement constant ce qui nous permet de jouer avec les éléments du décor mais aussi de faire des attaques individuelles ou de zone en fonction de la situation. En tout cas l’action est toujours lisible et on ne se perd jamais. Pour le reste, les combats se déroulent seul ou en équipe et il est possible d’affronter jusqu’à 8 ennemis en même temps. Chaque personnage peut attaquer, utiliser une aptitude spéciale qui donne lui à chaque fois à une animation bien sentie (j’adore l’attaque de pigeon), utiliser un objet ou appeler un acolyte moyennant finances. Ce dernier est ultra puissant et fait des dégâts colossaux ! Le combat est perdu si Ichiban meurt. C’est simple mais avec des ajouts qui rendent les combats prenant bien que répétitifs en raison de leur nombre… Car comme tout bon RPG, pour progresser, il va falloir farmer et dans Like a Dragon, c’est à outrance ! La montée en niveau est lente même en affrontant des ennemis qui nous sont supérieurs et du coup c’est un peu chiant de se taper à chaque fois la scène de fin de combat avec le grind de statistiques. En tout cas les développeurs ont bien poussé le concept avec pas mal de statistiques et la nécessité de s’adapter en fonction de chaque combat (on a toujours la possibilité, en combat de changer son équipe si on est à côté de la plaque).

Les combats sont lisibles
Les animations intéressantes
On a même des actions contextuelles
Les acolytes sont violents
Y’a le choix !

Mais s’il n’y avait que les combats sauf que pas du tout ! Yakuza Like a Dragon vous propose une foultitude d’activités toutes plus intéressantes et bien fichues les unes que les autres ! C’est simple, on ne s’ennuie jamais ! C’est juste impressionnant et si au cours des 10 premières heures de jeu (quand même !) on a l’impression de n’avoir aucune liberté et d’être sur un rail, passé ce cap on s’éclate totalement et Yokohama regorge de quêtes secondaires, de mini jeux ou même de passe-temps toujours utiles pour glaner des ressources. En vrac, on a du kart, des bornes d’arcade SEGA pour jouer à des jeux d’antan, le cinéma dans lequel il faut aider Ichiban à rester éveiller en luttant contre les moutons des songes (oui cette activité est perchée complet !) du karaoké (on est au Japon merde impossible d’y échapper), des courses poursuites, du ramassage de canettes. C’est vraiment impressionnant et c’est en ça que je dis que Yakuza est le jeu d’une vie en exagérant un peu mais ceux qui voudront le faire à 100% auront un sacré challenge ! La durée de vie est énorme !

La course de canettes est fun !
Y’a des missions secondaires avec des objectifs particuliers…

Une dernière activité très chronophage est la gestion de votre entreprise, oui une vraie entreprise avec du personnel, des stocks, des ventes un vrai bordel quoi ! J’allais oublier l’école qui nous donne la possibilité de passer des examens afin d’améliorer nos aptitudes et nos traits de personnalité. Oui Ichiban a une personnalité qui se modifie en fonction de vos choix in game, de vos réponses dans les dialogues. En plus des acivités, il faudra faire usage de votre téléphone portable pour explorer les nombreux lieux que propose Yokohama sans oublier les nombreux restaurants et bars qui, au delà de vous restaurer, vous permettent de passer des moments avec vos collègues et ainsi renforcer vos liens d’amitié afin d’être plus efficace en combat. Bref je m’aperçois que vouloir évoquer tout ce que l’on peut faire dans Yakuza Like a Dragon donne une liste sans fin !

Les examens sont simples
Il ne faut négliger les dialogues
Y’a de quoi faire et encore le screen a été fait en début de partie…
Un resto
Ou un malaise…

Conclusion

Yakuza Like a Dragon change tout et avec brio ! On a l’impression d’être face à une nouvelle licence au niveau du gameplay mais ce qui a fait l’ADN et le succès de la série reste bien présent. On se plonge avec plaisir dans ce jeu au contenu monstrueux et qui peut parfois nous perdre. La multitude d’activités permet de casser la répétitivité des combats qui sont nécessaires pour farmer et monter en niveau. Le farm est d’ailleurs trop poussé et pourra rebuter plus d’un joueur. Si la durée de vie du jeu est énorme, j’aurai préféré que les gars de Ryu Ga Gotoku Studio nous donnent d’avantage de liberté plus tôt dans le jeu surtout pour ceux qui, comme moi, ont une alergie aux cut scene et aux cinématiques, les premières heures de jeu vont être une torture mais je ne peux que vous encourager à vous accrocher car le reste du jeu est vraiment impressionnant !

Positif

  • Un contenu monstrueux !
  • Un scénario prenant
  • Le côté RPG très bien respecté
  • Une immersion prenante

Négatif 

  • Beaucoup trop de cinématiques et de cut scènes à mon goût
  • Le Dragon Engine en fin de vie
  • Des combats un peu répétitif

Satisfaction du Piwi 85 %

Si tu veux acheter le jeu (le Piwi ne prend aucune commission car non actionnaire chez  Sony ni Microsoft ni SEGA !) ICI PS4 ou ICI XBOX ONE.

  • Date de sortie : 10 novembre 2020
  • Editeur : SEGA
  • Développeur : Ryu Ga Gotoku Studio
  • Catégorie : Action / Aventure / RPG
  • Prix : 59,99 €
  • Classification : PEGI 16

Le test a été réalisé avec une version presse Xbox One offerte par Koch Media.



Catégories :Tests

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